mardi 31 juillet 2007

Le meilleur beurre de le monde

Tout beau, tout fleuri

Le meilleur beurre de le monde, je vais le chercher au bout de le monde, au bout d’un monde où je me sens bien. Le meilleur beurre de le monde sort quasi des pis de la vache. Le meilleur beurre de le monde sort quasi de la baratte à beurre où il a été battu, battu et rebattu. Le meilleur beurre de le monde est tout beau, tout rond, tout cru et il est… il est… INCROYABLE !

Certains diront que non, que pas vrai, que "le meilleur beurre de le monde", c’est çuici, c’est çuilà, que le Tit’ doit avoir des actions à la ferme, que l’oiseau se fourvoye et patin couffin. OK Peut-être. Mais bon, m’en fout, j’ai décidé QUE, alors C’EST !


Lisez-bien : "CRU"

Le meilleur beurre de le monde, il est salé et breton, évidemment, et j’en fais une consommation dramatique pour mes artères. Heureusement que les vacances ne durent que le temps des vacances !

Z’aviez pigé, ch’suis rentré !

A très bientôt. Je m’en vais me faire une tartine de pain frais beurré… Ouais, dans mes rêves, car l’ami beurre ne voyage pas, ce serait criminel !
Tit'

P.S. : Je vous donnerais bientôt des nouvelles du Kikikouignamann. Je vous fournirais une recette, la procédure à suivre pour vos participations, etc. J'ai déjà reçu quelques participations... mais pas d'urgence, vous avez jusqu'au 21 septembre 21h21 pour jouer !

vendredi 13 juillet 2007

KKVKVK 21ème édition sur le départ...

Sur le départ...

Il n'est pas loin de 22h30. Dans moins de 5h je prendrais la route pour aller tout là-bas à gauche sur la carte. Oui, làààà, une fois n'est pas coutume ! Je vous abandonne quelques jours, je m'en vais respirer l'air marin, à défaut d'y trouver le soleil.

Mais avant cela je ne pouvais décemment pas partir en vous laissant dans l'inconnu. Je sais. Je sais que vous l'attendez. J'y ai bien réfléchi, j'ai souvent changé d'idée depuis que Béatrice m'a passé le relai, de la main à la main quasiment, puisque j'ai eu la chance - une chance fantastique - de la rencontrer à Aurillac. Une fille géniale avec un mec génial. Mais je ne vous en dis pas plus, ces deux-là je les garde jalousement pour moi. OK, chers blogueurs de mon coeur, je veux bien les partager un peu avec vous... Un peu, j'ai dit, n'abusez pas !

Revenons au KiKi. Vous voulez connaître le prochain sujet, le voici : je vous invite à réaliser un KiKi aux couleurs d'un pays qui m'est cher, un KiKi forcément... breton ! Ayé, vous avez deviné, vous vouliez du salé, en voilà. Seulement, il va falloir ajouter une bonne dose de sucre sur cette base de pâte à pain que vous aurez pétrie avec amour, afin d'obtenir un fabuleux...

KOUIGN AMANN !

Je ne vous livre pas de recette pour le moment, je compte sur votre curiosité pour aller dénicher la perle rare. Je donnerais une recette de kouign amann à mon retour. En attendant, vous pouvez toujours effectuer quelques recherches sur le ouèbe...

Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Kouign_amann
Un site riche d'enseignements : http://didier.lemasle.free.fr/

J'attends vos contributions avec impatience. Vous pouvez bien évidemment utilisez une recette publiée il y a quelques temps. Et puisque nous sommes en pleine période de vacances, ce KiKi, sera peut-être le plus loooong KiKi de tous les temps... Hum !... Ouais, il y en fallait un pour la faire celle-là, bien lourde, bien grasse, et ça tombe sur moi, pfff !... Le KKVKVK 21ème édition, spécial Kouign Amann s'achèvera le...

vendredi 21 septembre, 21h21

Pour participer, c'est très simple. Envoyez par mail uniquement (cliquez sur la petite enveloppe en haut sous la bannière pour obtenir mon adresse de courrier électronique), l'adresse URL de votre participation, la photo à publier (résolution maximale : 400 x 305 px), le nom de la recette et votre pseudo. Pour les non blogueurs, toute participation est la bienvenue : joignez par mail une photo de la recette, le nom de la recette, votre pseudo et la marche à suivre de votre recette que je prendrais plaisir à publier. Bien entendu, je n'accepte qu'une participation par tête de pipe. 'Tention les resquilleurs, ! :o)

Bonnes vacances aux vacanciers, bon courage aux travailleurs et à très bientôt,
Tit'

P.S. : A toutes et tous, un grand merci pour vos nombreux messages. J'ai eu quelque peine à vous rendre visite ces derniers jours, trop pris que j'étais par mon week-end à Aurillac, par le boulot, le boulot et encore le boulot... Je me rattraperais dès que possible. Promis !

P.P.S. : Et je découvre à l'instant que la Table Monde fait escale en Bretagne pour la seconde édition du jeu "1001 escales". Cathy est à l'honneur. Que la Table Monde est petite ! :o)

mercredi 11 juillet 2007

Echos d’Aurillac !... rillac !... illac !... ac !...

Je commençais à m’inquiéter. Je touche terre, enfin ! Il m’aura fallu trois jours pleins pour redescendre de la planète Aurillac. J'ai puisé tant et tant d'énergie (dans le peu de réserve que j'avais) durant le week-end que je suis une véritable larve, efficace à 0,5 % au boulot, en ce début de semaine, mais chuuuut, faut pas le dire !...

Quand vous vivez des moments aussi intenses, aussi riches de rencontres, de bonne humeur, de (fous) rires, de gourmandises, je ne sais pas vous mais moi il me faut un certain temps pour me remettre de mes émotions. Des instants privilégiés comme ces trois jours passés dans la capitale du Cantal sont rares dans ma vie de banlieusard, adepte malgré moi du rythme métro-boulot-dodo. Voilà pourquoi j’ai débarqué à Aurillac avec mon cœur pour seul bagage (au propre comme au figuré…), voilà pourquoi j’ai vaincu ma timidité, tant je me réjouissais à l’idée de rencontrer ces férus de cuisine que je côtoie virtuellement depuis bientôt deux ans. Et puis, pouvoir partager ces instants avec mon autre, mon Unique, cela a été extraordinaire, pour elle comme pour moi, puisqu’elle me parle tout le temps de vous. VOUS !

Bon. Commençons par le commencement. Vendredi 6 juillet, 8h55, Orly Sud, l'avion prêt à partir. Dans la salle d'embarquement, nous observons l'arrivée des voyageurs. Je devine où se cachent les trois blogueuses enregistrées sur le vol. Trop fastoche ! Béatrice (Croc en bouche), sage et réservée (autrement plus bavarde dans ses mails, si si, j’ai des preuves !), est assise à quelques mètres avec son homme. Adèle (Adèlices) attaque la lecture d’un guide touristique sur le Sri Lanka. Cécile (Toque Toques!) est plus discrète, j'ai bien un doute... Ah, elle était assise à nos côtés, je l'aurais parié !

Bon. Décollage... Atterrissage... Dans la cabine, premiers échanges timides. Nous filons récupérer les bagages dans l'aérogare Playmobil d'Aurillac (touminitourikiki). Blague n°1 : il n'y a plus de bagages dans la soute. Nous sommes quelque dix clampins à rester les mains vides. OUF, le type avait oublié d’ouvrir la seconde soute ! Blague n°2 : il n'y a vraiment plus de bagages dans la soute. Il ne manque qu’une valise : la nôtre. WHARF ! WHARF ! WHARF ! T'es drôle, le gars, mais tu retournes vérifier illico dans ta soute, doit bien y'avoir un recoin ou deux que tu as oubliés. Fais vite, les taxis attendent. Fais vite, parce que je sens qu'il y a comme un truc de Dijon qui pique très très fort qui me monte au nez. Fais vite, car je crois que je vais abattre mon poing-dans-ton-gueule !... Bah non, rien, nada, la soute est désespérément vide ! Pas le choix, une fois en ville nous faisons des emplettes, n’étant pas assurés de revoir notre valise avant le retour à Paris, car il n’y a pas une masse de vols A/R entre la capitale et Aurillac. Pour finir sur ce chapitre, nous retrouverons la valise le samedi matin, livrée par taxi en plein cœur de la nuit depuis Béziers, où elle était finalement allée se planquer. Elle qui ne sort plus trop ces dernières années a vu du pays !


Bon. Nous débarquons à la bourre sous le chapiteau où Adèle officie. Il reste quelques miettes à grignoter, ces morfales de blogueurs ont tout englouti en quelques secondes. D’un rapide coup d’œil, je repère Dorian (Mais pourquoi est-ce que je vous raconte ça...) qui assiste Adèle, et tout près d’eux j’aperçois une frêle gazelle – en apparence – qui virevolte, dans la cuisine. Mathilde (Chez Omelette), comme une évidence, si jeune et pourtant si mère-poule, si attentionnée, à nos petits soins pendant les trois jours du festival. Je ne crois pas que je m’avance trop si je prétends qu’elle a été notre coup de cœur à tous. Je ne te le dirais jamais assez, merci à toi, Omelette ! Je scrute. Dans la salle, je reconnais Véro (Cuisine Métisse) avec son bien chanceux de mari. Tout en scrutant, je me rends compte qu’on nous scrute itou. Il y a là un petit bout de femme tout brun tout sourire qui n’arrête pas de lancer des regards dans notre direction. Elle semble avoir deviné qui je suis, qui nous étions. Fini l’anonymat. Mais qui est-elle, elle ?... Je réfléchis... Je sens qu’il y a un "truc"... Cette fille au sourire engageant n’est pas blogueuse... Et si elle n’est pas blogueuse, elle est... EVIDEMMENT ! Voici Marie, la célèbre et adorable Marie, épouse de ! Sur le banc où nous avons trouvé place, Marie m’indique la présence à l’autre bout d’un trio de choc. Pas besoin qu’elle me dise qui est qui, cela se voit comme le nez au milieu de la figure, ces filles ont dormi à la belle étoile, elles sentent le foin à des mètres à la ronde, elles ont de la gadoue plein leurs godillons en caoutchouc, elles ont la fraîcheur des filles des champs. Je reconnais sans sourciller Ninnie (Mitaine écarlate), Marion (Il en faut peu pour être heureux) et Lilo (Cuisine campagne)... MOUAHAHA ! Non, j’déconne les filles, si vous ne m’aviez pas dit que vous aviez campé, je ne l’aurais jamais deviné ! Dommage que vous soyez parties trop tôt, j’aurais volontiers prolongé jusqu’à plus d’heure la discussion avec Lilo, jeune femme passionnée et passionnante, telle que je me l’imaginais ; j’aurais nettoyé à la main toutes les planches à découper de la terre entière s’il avait fallu pour faire la vaisselle encore et encore avec Marion et pour éviter qu’elle ne demande une fois de plus ma belle oiselle en mariage ; j’aurais écouté l’accent chantant de Ninnie des heures durant pour rêver du nouveau continent, pour rêver surtout de ses fabuleux cheesecakes, elle qui en est la reine incontestée outre-atlantique... J’entends un brouhaha à ma droite à l’entrée de la tente, je détourne la tête. Alors que Dorian cuisine (c’est beau un homme aux fourneaux ;o) et dire que je le remplacerais sur le ring dans quelques heures !...), nous accueillons une Mamina (Et si c’était bon...) radieuse et toute en verve et mon pote Patrick (Cuisine de la mer). Bah ouais, il est tellement génial ce type, avec sa souriante bonhomie, qu’on ne peut pas l’appeler autrement que "mon pote" ! Stéphane (Cuisiner en ligne) débarque pressé de nous faire découvrir Radiocasseroles lancé pour l’occasion. Je n’oublie pas la jolie Emilie (Un p’tit creux ?), jeune encore dans la blogosphère culinaire, mais bourrée de talents, qui fait goûter sur l’espace Pyram de délicieux sorbets accommodés à sa façon. Je n’oublie pas Dominique (Cuisine plurielle) venue de Lyon pour l’occasion, qui note, qui note, qui note... Je n’oublie pas notre héraultaise, Nathalie, alias Lavande (Ligne et papilles), si discrète. Je n’oublie pas Charlotte (Dans l’assiette de Mlle Charlotte et Cie)... Hélène... Charlotte... Zut, je sais plus !... Mais non, c’est facile, Charlotte c’est le chien, alors si Charlotte c’est le chien, Hélène s’appelle Hélène. Bon sang de bois, c’est pas compliqué, Tit’ ! Un petit effort, que diable !... Désolé, je n’ai pas arrêté de t’appeler Charlotte... Hélène... Rhaaa, voilà que ça recommence !... Je n’oublie pas Virginie et Lucie (Les gourmandises des petites blogueuses), mère et fille, indissociables, Lucie si volontaire, si gourmande et déjà douée pour la boulange. Je n’oublie pas la visite de Pascale (Kisine et archi), qui j’espère reviendra plus souvent sur son blog dorénavant. Je n’oublie pas ces rencontres improbables et heureuses : Egmont, Didier (Ilaca, Cuisiner en Auvergne). Nous poursuivrons nos discussions ailleurs, un jour, j’espère...


Bon. C’est pas tout ça, mais avec ce casting digne du film Cléopâtre, je néglige le cours de mon récit. En effet, v’là mon tour ! Je fais le kéké dans les allées, mais je n’en mène pas large. Dans quelques minutes, ce sera à moi de présenter ma pizza tatin. Rappelez-vous... Nat’ m’assiste, c’est pas commun, j’ai horreur qu’il y ait du monde dans ma cuisine d’ordinaire. Mais là, dans la cuisine Lapeyre, je suis bien. Le plan de travail est à ma hauteur (à croire qu’il a été conçu exprès pour moi du haut de mon mètre quatre-vingts), Mathilde commente et sa sœur Adèle, assiste mon assistante... Vous suivez ? Les quelques spectateurs non blogueurs qui présents à la démo doivent nous prendre pour un tas de fous. Ça vanne, j’me bidonne, ils vont me faire manquer ma recette, les saligauds. Et Marion qui demande toutes les trente secondes si j’utilise du beurre demi-sel... Rhaaa, y’a la pâte qui colle aux doigts ! Teuf-teuf, je soulève des nuages de farine... Ambiance décontracte. Je prends mon temps. Je frime avec mon sablé breton à ma façon, confectionné la veille un peu à la va-vite, que Nat’ et Adèle distribuent pour faire patienter les affamés. J’oublie de passer la pâte au rouleau, elle gonfle, gonfle... Je sors les pizzas trop tôt du four... La pâte est délicieuse malgré tout, un peu trop généreuse et moelleuse à mon goût, agréablement parfumée par les grains de fenouil. J’entends des MIAM de satisfaction. OUF ! En même temps, à presque neuf heures du soir, il avait peut-être faim, mon public ! :o) Aller, HOP, vaisselle (Marion aux commandes) et tout le monde s’en va boire un coup ou manger un morceau et après dodo ! Epuisé par cette journée trépidante, riche en émotions, riche de belles, très belles rencontres, je m’endors comme un bienheureux.


Bon. Samedi débute sous les mêmes hospices, avec un soleil radieux. (Gros) rires, blablas sans fin, bouffe, bouffe, bouffe (et bons vins) ! Un gros cadeau aussi, un bienvenu blender KRUPS (j'avais cassé le nôtre l'an passé, voilà qui tombe à pic, alors... Merci KRUPS !) Et dimanche ? OK, il pleut et alors ! On est si bien, on s’en fout... On ETAIT si bien... Ayé, les Européennes du Goût, c’est fini ! Les agapes se sont achevées au détour d’un couloir sur la ligne du RER B à la station d’Antony dimanche soir, quand d’autres se lançaient dans un rangement titanesque...

Et depuis, à mon oreille, une petite voix sadique fredonne sans fin pour que je n’oublie pas : "Aurillac !... rillac !... illac !... ac !... Aurillac !... rillac !... illac !... ac !... Aurillac !... rillac !... illac !... ac !...".

STOP ! J’ai compris, je reviendrais.
Tit'

vendredi 6 juillet 2007

Raconte-moi un curry ou BIRYANI !

Petite précision utile à propos du jeu "Raconte-moi un curry" initié par Dorian et Véronique : il s'agit de préparer un plat indien, un curry ou un autre plat, et de le publier chez vous avec pour accompagnement une petite histoire indienne, quelque chose qui raconte votre plat, ou une rencontre, un film, une épice, etc. Parlez-nous de l’Inde et passez le relai !...


Namaskaram, namaste,

Tit’ m’a invitée dans sa cuisine aujourd’hui pour vous parler de curry, d’Inde, etc. Je vous avoue que je suis un peu toute intimidée quand-même, c’est tellement la classe d’être sur Num Num Birdy! Regardez dans ce petit nid gourmand, tellement de recettes délicieusissimes et de photos à tomber... Moi, ça m’épate, et je piaille et j’en redemande... ;)

Alors, à mon tour de vous raconter un petit curry, et un peu de l’Inde, faut dire que j’en ai à dire sur ce sujet ! ;) Je vous préviens je vais prendre un peu de place ici, je m’installe confortablement, je sors toutes mes épices, mon mortier, mes feuilles de curry, et je laisse remonter tout un tas de souvenirs, de parfums, d’images, de saveurs, d’émotions... que m’évoque le mot : BIRYANI !

Tout a commencé toute petite, ma maman nous faisait déjà des plats du monde entier, dont un fameux biryani d’agneau qui sentait si bon. Puis étudiante, j’ai débarqué un jour en Inde, à Bangalore, sous un soleil de plomb, dans la poussière, les cris de corbeaux et les bruits d’autorickshaw, accueillie par un Prince que j’ai trouvé très charmant d’ailleurs ;)

Après mille émerveillements, mille découvertes, mille interrogations, on m’a invité à mon premier mariage indien (il est peu probable de rester plus de quelques semaines en Inde sans être invité à un mariage). Premier mariage veut dire : premier saree à aller acheter, apprendre à le draper, emmener la blouse chez le couturier et attendre impatiemment le jour J, il faut dire que c’est un tel évènement les mariages en Inde ! Le jour dit, je ne me sentais pas trop à l’aise, je vous assure que le saree au début c’est pas rigolo (même pour les jeunes filles indiennes !), il faut marcher sans avoir l’air tarte, mais on a peur de défaire ses plis délicatement arrangés. C’était un énorme mariage, très classe, et là au milieu de centaines d’Indiens, et de dizaines de paires d’yeux braqués sur moi, je me sentais soudainement très différente... Mais c’est ce jour que j’ai mangé un délicieux biryani, ça m’a un peu détendu et j’ai passé une excellente soirée. Bon en fait, j’en avais bien mangé avant à la cantine du campus, mais je vous assure qu’il n’en méritait même pas le nom ! ;)

Quelques autres mariages ont suivi, je me sentais de plus en plus à l’aise en saree, à manger avec les doigts de façon distinguée, bien replier le saree sous soi, savoir qui saluer et comment, un véritable apprentissage ! ;) Puis les choses se sont accélérées, cette fois j’assistais aux mariages de ma propre belle-famille, et même au mien ! ;)

Le repas est le moment le plus important dans le mariage après bien sûr le moment où le lien sacré est prononcé quand le marié passe le thali (collier de mariage) autour de la mariée, et la séance photo de 3h obligatoire (les invités font la queue pour rejoindre les mariés sur la scène, les féliciter et prendre la photo). Pendant ce temps, les autres vont se faire servir à manger, souvent sous forme de buffet ou bien on s’assoie le long de grandes demi-tables, où l’on n’a pas de voisin en face, pour permettre aux serveurs de passer plus vite entre les rangs. Traditionnellement, tout au moins dans le Kerala, le repas est constitué de multiples plats servis sur des feuilles de bananiers (le plat végétarien s’appelle Sadhya). Mais pour les familles musulmanes et chrétiennes (nombreuses dans le Kerala), la mode est au chicken biryani. En effet ce plat est plutôt originaire du Nord de l’Inde et même de Perse. Mais il est adapté de multiples façons selon les régions.

Aujourd’hui, des traiteurs préparent souvent le biryani à l’avance et l’apportent dans d’énormes gamelles le jour du mariage, je n’ai donc jamais assisté à sa préparation. Mais heureusement, Prince est là pour me raconter ses souvenirs, dont celui de la préparation du biryani la veille des mariages dans sa petite île des Backwaters près de Cochin... que je partage avec vous... Un cuisiner avec ses assistants, souvent amis de la famille, sont embauchés. Une semaine avant, ils donnent la liste des ingrédients nécessaires. La veille du mariage, quelqu’un va chercher tout ce qu’il faut au marché. On prépare un vaste endroit couvert dans la cours derrière la maison (il faut de la place pour faire à manger pour 500 personnes !). En attendant les cuisiniers, les femmes s’assoient autour d’un grand tas de riz disposé sur un tapis et trient les bons grains tout en papotant... Les cuisiniers arrivent et commencent par éplucher à l’aide de quelques-unes (et oui toujours les mêmes ;) ), les oignons et l’ail, dans la joie et la bonne humeur. Ils préparent ensuite le pickle de citron. La nuit tombée, ils commencent à préparer le poulet (ou bœuf, ou agneau, etc.) et le frient légèrement pour le mettre de côté. Ils vont travailler toute la nuit à préparer les mélanges d’épices. Vers 3-4h du matin, le poulet mijote doucement. Il y a toujours quelqu’un pour papoter, apporter du thé, et par curiosité, c’est fascinant de les voir à l’œuvre ! Une fois le poulet cuit, ils vont dormir quelques heures. Le matin, le riz est cuit dans une grande gamelle sur un grand feu. On prépare la raïta. Puis les experts alternent dans une autre grande gamelle 3-4 couches de poulet, de riz, de colorant, d’oignons frits. On couvre le tout à l’aide d’un grand couvercle sellé avec une pâte de farine et d’eau. Le biryani mijote sur les cendres encore chaudes et on recouvre le couvercle de coques de coco incandescentes. En général, les gourmands évitent de traîner trop prêt du biryani car on dit qu’on l’apprécie mieux si on n’est pas trop submergé par les parfums auparavant. Une fois la cérémonie passée, on casse la pâte, et les invités se voient servir une assiette constituée de poulet, d’un œuf, joliment recouverts de riz et accompagné de raïta, de lime pickle et de pappadam.

Voici une version de biryani de poulet du style du nord du Kerala (malabar biryani), inspirée d’une recette du site pachakam.com.


Malabar Biryani

Ingrédients
Pour la marinade :
1,5kg de cuisses de poulet4 yaourts nature
2 poignées de feuilles de coriandre1 poignée de feuilles de menthe
10 feuilles de curry1 CS de cumin en poudre
1 CS de graines de fenouil en poudre1 CS de curcuma
2-3 CS de coriandre en poudre2 piments verts
5 gousses d’ail4 cm de racine de gingembre
2 CS de graines de pavot en poudre2 CS de jus de citron

Pour le biryani masala :
3 CS de ghee (ou huile)1 CS de cannelle en poudre
10 gousses de cardamome8 clous de girofle
2 CS de garam masala2 feuilles de laurier
1 CC de muscade2 gros oignons
2-3 tomates

Pour le riz :
2 CS de ghee1 CS de cannelle en poudre
10 gousses de cardamome8 clous de girofle
2 feuilles de laurier1 oignon
750 g de riz basmati1,5 fois son volume d’eau

Pour la décoration :
5 cl de lait3 pincées de safran
2 CS d’eau de rose2 CS de ghee
2 oignons1 grosse poignée de noix de cajou
1 grosse poignée de raisins secs
Marche à suivre

La veille ou au moins une heure avant de cuire, faire la marinade, ôter la peau du poulet et séparer hauts et bas de cuisse. Faire quelques entailles dans la chair. Dans un récipient, après avoir réduit le gingembre et l’ail en purée (ou en tous petits dés), mélanger tous les ingrédients de la marinade, ajouter le poulet et bien enduire. Laisser reposer au réfrigérateur (toute la nuit). Si vous n’avez certaines de ces épices qu’en graines, vous pouvez les réduire en poudre au mortier ou au moulin à café après les avoir légèrement faites griller (fenouil, cumin, pavot, coriandre).

Une fois que le poulet a bien mariné, préparer le biryani masala. Mettre le ghee à chauffer dans une très grosse casserole. Y faire frire les graines de cardamome à peine entrouvertes et les clous de girofle. Ajouter l’oignon émincé et le faire dorer. Incorporer le garam masala, la cannelle et la muscade, les feuilles de laurier et faire frire 2 min. Incorporer les tomates en dés, saler et bien mélanger. Ajouter le poulet avec la marinade. Laisser cuire à couvert 10-15 min et ouvert 10-15 min en mélangeant de temps en temps. Vérifier l’assaisonnement.

Pour le riz, dans une autre grande casserole, faire chauffer le ghee, puis frire la cardamome et les clous de girofle, ajouter l’oignon émincé, le faire dorer. Ajouter la cannelle et les feuilles de laurier, puis le riz lavé, bien mélanger. Ajouter 1 fois 1/2 le volume de riz en eau, saler et cuire le riz "al dente" (pas comme moi qui l’ai trop cuit du premier coup).

Pour assembler le biryani, les quantités étaient tellement énormes que j’en ai fait 2. Déposer une couche de poulet dans une des grandes casseroles puis une couche de riz, et de même dans l’autre, ce qui nécéssite un grand saladier pour transvaser. Bien couvrir et laisser cuire à feu doux quelques minutes le temps de préparer la décoration.

Pour la décoration, faire chauffer le lait dans un verre au micro-ondes, et y faire infuser le safran. Ajouter l’eau de rose. Faire frire les 2 oignons émincés dans 1 CS de ghee jusqu’à ce qu’ils soient très bruns sans brûler. Les retirer sur du papier absorbant. Ajouter 1 càs de ghee à nouveau (une fois de temps c’est bon ! ;) ), et y faire frire les raisins secs, ils gonflent ! Les mettre sur le papier absorbant. Faire griller légèrement les noix de cajou.

Au moment de servir, répartir sur la surface du riz le lait au safran et à la rose, puis oignons, raisins secs et noix de cajou.

Servir avec des œufs durs, de la raïta (concombre + tomate + oignon ou échalote + carotte + coriandre, sel et yaourt), du lime pickle et des pappadams si vous en avez !


Cela prend du temps, mais c’est un vrai plaisir à faire et à déguster !...

Maintenant, je passe le témoin à mes copines qui adorent la cuisine indienne : Miss Tiny du blog "Des goûts et des couleurs", Liliy du blog "Gnocchi et compagnie", et Céline du "Palais des Délices".

Voilà !
Charline

P.S. de Tit' : Ne me cherchez pas, j'occupe les fourneaux de Charline sur son beau blog "Délices du Kérala" jusqu'à demain matin. Après cela... AURILLAC, ME VOILAAA !

dimanche 1 juillet 2007

La cuisine de l’autre (pas Dorian, MON autre à moi !)

Ayé ! L’autre a eu une chance inouïe de pouvoir se glisser dans NOTRE cuisine, comme elle est obligée de me le rappeler de temps à autre. Et pisque c’était la fête du pôpa ziozio y’a pas si longtemps, l’autre a eu un créneau. J’ai (presque) rien dit, j’ai (presque) accepté qu’elle s’attelle devant mes nos fourneaux... Et j’ai eu raison, parce qu’elle m’a concocté tout ce que j’aime. C’est pas ma tendre poupouse à plume pour rien, tenez !...

Bonne lecture,

Bon. Nous y voilà.

L’autre va vous présenter sa cuisine. L’autre, c’est moi. La douce, la tendre, l’unique et belle oiselle du môssieu de Num Num Birdy!, c’est moi. Ah ben oui, y’a une madame, une vraie en chair et en os ! De plus en plus en chair d’ailleurs, mais ça, c’est la faute à môssieu...

Et donc, à se sujet, voilà qu’en plus de devoir coordonner les kermesses de fin d’année des oisillons, il fallait que ce soir avant minuit, m’a-t-il dit, je blablate sur ma collation imposée de la fête des pères. Normal, pour la fête du pôpa, fallait bien que je mette la main à la pâte, me direz-vous. Je m’exécutâte donc par le biais d’un petit sauté de porc au curry, accompagné d’un crumble aux épinards – pas d’entrée parce que dans la foulée (c’est que moi, m’sieurs dames, je cours le dimanche matin, c’est mon heure de détente), dans la foulée comme je disais, c’est le cas de le dire, j’ai zappé l’entrée. Et en dessert, un petit fondant au chocolat, largement subtilisé à Trish Deseine et relativement peu interprété par mes soins – ce qui est suffisamment rare pour être signifié – que même môssieu y dit que c’est le meilleur gâteau au chocolat de le monde et que même les oisillons y disent : "Môman, fais nous ton gâteau qui coule !"


Sauté de porc au curry

Ingrédients
1 filet mignon de porc1 CS de curry en poudre
1 CS d’huile d’olive1 CS de pignons de pin
1 CS de raisins de Corinthesel et poivre
Marche à suivre

Coupez le filet mignon de porc en tranches d’1 cm d’épaisseur environ. Dans un saladier, mettez à mariner le porc avec le curry, l’huile d’olive, les pignons de pin, les raisins secs, le sel et le poivre. Mélangez et laissez reposer au frais pendant 1 heure.

Sautez le porc à feu vif dans un wok et sans ajout de graisse, jusqu’à ce que la viande soit bien dorée. Servez aussitôt.


Crumble aux épinards (Camille Le Foll, Crumbles, éd. Marabout)

Ingrédients
1,2 kg d'épinards surgelés3 CS de crème fraîche
225 g de feta3 CS de raisins de Corinthe
2 CS de pignons de pin3 CS d'huile d'olive
150 g de farine50 g de beurre 1/2 sel
1 CC de cannelle en poudresel et poivre
Marche à suivre

Versez dans un bol 2 CS d'huile d'olive destinée pour la pâte et placez-la au congélateur.

Mettez à cuire les épinards surgelés à la vapeur en fonction des informations données au dos du paquet. Lorsqu'ils sont cuits, pressez-les fermement pour qu'ils rendent leur eau. Ajoutez ensuite la crème fraîche, 150 g de feta, les pignons, les raisins secs et assaisonnez.

Préchauffez le four à 180°C.

Confectionnez les miettes du crumble : mélangez du bout des doigts la farine, l'huile d'olive figée, le beurre et du sel. Ecrasez la feta restante à la fourchette et incorporez-la aux miettes de pâte.

Répartissez la préparation aux épinards dans un plat et recouvrez de miettes. Saupoudrez de cannelle et enfournez pendant 20-25 minutes.

Servez bien chaud avec un coulis de tomate.


Gâteau auchocolat fondant de Nathalie
(Trish Deseine, Je veux du chocolat !, éd. Marabout)

Ingrédients
200 g de chocolat noir corsé200 g de beurre
5 oeufs1 CS de farine
250 g de sucre
Marche à suivre

Préchauffez le four à 190°C.

Faites fondre ensemble, au micro-ondes ou au bain-marie, le chocolat et le beurre. Ajoutez le sucre et laissez refroidir un peu. Incorporez un par un les oeufs en remuant bien avec une cuillère en bois. Ajoutez la farine et lissez le mélange.

Versez dans un moule et faites cuire pendant 22 minutes pétantes ! Le gâteau doit être encore légèrement tremblotant au milieu. Sortez du four, démoulez rapidement et laissez refroidir et reposer.

Bon appétit,

P.S. (de Tit') : Petit rappel, je serais aux Européennes du Goût à Aurillac du 6 au 8 juillet prochain. Si vous voulez savoir dans quel état je me trouve en ce moment, je raconte tout sur le blog créé pour l'occasion et animé par cette chère Mathilde. Tout est là : http://www.e-gout.fr/

mercredi 27 juin 2007

KKVKVK #20 - Religieuse²

J'aurais bien aimé avoir plus de temps. J'ai pas. Alors voilà. Voilà ce que je vous propose pour ce KKVKVK 20ème édition. Exceptionnelle édition. Elle se déroule sur le (très chouette) blog chez ma (nouvelle) copine Béa de Croc en bouche. Elle est sympa, Béa. Très drôle. Un curieux personnage très très très bavard, que je suis pressé de rencontrer aux Européennes du Goût à Aurillac...

Ah ?! Je ne vous l'avais pas dit ?! Je serais voisin de table de Dorian, puisque nous y avons été conviés parmi tant d'autres stars de la blogosphère ! (Rhooo, ça va les chevilles, moi, hein !) Aviez-vous manqué mon petit échange avec Eric Roux ? Pour rappel, cliquez ICI. C'est pas tout ça, mais je suis pressé de les rencontrer ces joyeux lascars. J'ai intérêt à bouloter léger les deux prochaines semaines, me semble-t-il...

Mais revenons à Béa, Bé, Bé@, Béate... Super rigolote, j'vous disais, et une vraie pipelette... une fille quoi ! Si, je vous jure. Vous voulez voir les mails qu'elle m'envoie ? Non, j'déconne, j'ai pas l'temps. Et pis c'est tellement long à lire, que vous n'auriez plus le temps de participer au KKVKVK... Quoi ça ?! Ce n'est pas encore fait ?! M'enfin, au boulot que diable !

Pour l'heure, ma participation se résumera à une tentative (desespérée) de réussir des choux... carrés. Ouais, j'aime bien me lancer des défis à la céoaine parfois ! Pas facile la religieuse avec des choux carrés, surtout quand elle se ratatine gentiment sous le poids de la crème pâtissière parfumée au sarrasin et au caramel au beurre salé. Vous noterez également au passage le glaçage caramel au beurre salé et les fils de caramel croquant. Du blé noir, du caramel, du beurre salé... N'y aurait-il pas là des envies sous-jacentes de Bretagne ? Oh que oui, vivement le 14 juillet, vivement les vacances !...

Pour réussir cette religieuse², ce n'est guère que mathématique !

1 - Vous empruntez la recette de pâte à chou de Béa, vous remplacez un tiers de la farine de froment par de la farine de blé noir complète et le beurre devient forcément beurre demi-sel.
2 - Vous empruntez une recette basique de crème pâtissière et vous remplacez la farine de froment par de la farine de blé noir complète, vous réalisez un caramel au beurre salé, vous mélangez tout cela et laissez reposer au frais.
3 - Dans de petits moules à cake chemisés de papier cuisson, vous versez la pâte à chou à la poche à douille. Vous mettez à cuire et le four fera le reste. Après cuisson, vous sortez les choux du four, vous les mettez à refroidir et les démoulez délicatement.
4- Une fois refroidi, vous garnissez les choux (à la poche à douille) avec la crème pâtissière au blé noir et au beurre salé. Vous remettez tout cela au frais.
5- Vous empruntez la recette de sauce au beurre salé de Bergamote dans laquelle vous trempez les choux après l'avoir réfrigérée.
6- Vous dressez les choux deux par deux pour former une religieuse (quelque peu destructurée, je vous l'accorde).
7- Vous réalisez un caramel blond pour former un joli filet autour de votre religieuse et surtout, SURTOUT ! vous ne faites pas comme moi, vous ne répondez pas au téléphone en même temps sous peine de manquer votre coup !
8- Au frais, une dernière fois, jusqu'au moment de servir.


Voilà. J'arrête là. Est-ce à peu près clair ? Si j'avais le temps, je vous aurais dit le régal que cela a été ; je vous aurais dit que mon Unique s'est jetée dessus comme une sauvageonne, elle qui ne cours pas après les desserts crémeux et encore moins après les choux ; je vous aurais dit que nous avons descendu ces petites merveilles en quelques minutes en aussi peu de temps qu'il n'en faut pour le dire ; je vous aurais dit que, si j'avais eu le temps, j'aurais remis ça tout de suite...

Bon KKVKVK à tous,
Tit'

mardi 19 juin 2007

Gaspacho de fruits exotiques

Oui, gaspacho. Pas jus, pas coulis, pas smoothie, mais gaspacho.

Je cite le dictionnaire Trésor de la Langue Française à l’article Gaspacho : « Soupe froide, d'origine espagnole, faite d'un mélange de pain et de crudités (concombres, tomates, oignons) relevé d'épices variées, en particulier de piments, assaisonné d'huile et de vinaigre et que l'on fait tremper dans de l'eau, du bouillon. » Ainsi, on trouve traditionnellement pour cette soupe rafraîchissante salée, une liste de produits frais, riches en vitamines assez commune à l’ensemble de l’Espagne et du Portugal qui la cuisine fréquemment : des tranches de pain, de l’ail, du sel et poivre, de l'huile d'olive, des tomates, du poivron, du concombre, de l’oignon, du vinaigre et du paprika.

Partons de cette base et déclinons un peu... Ouais, beaucoup, mais le principe reste le même, hein !... Enfin, presque... Bref !

Ainsi le gaspacho sur NNB! devient gaspacho de melon, gaspacho d’artichauts, gaspacho de fraises et framboises. Avec un peu d’audace et quelques jolies et savoureuses trouvailles, j’ai testé le gaspacho de fruits exotiques. Absolutely fabulous !...

Gaspacho de fruits exotiques

Ingrédients (pour 6-8 personnes)
1 mangue bien mûre
1 banane bien mûre
2 CS de sirop de fruit de la passion*2 CS de vinaigre au fruit de la passion*
2 CS d’huile d’olivequelques brins de menthe fraîche
1 oignon nouveau1 gousse d’ail
5 glaçonsfleur de sel
poivre de SichuanTabasco (fac.)
Marche à suivre

Dans le bol d’un mixeur ou d’un blender, mixez ensemble tous les ingrédients pendant 5 minutes jusqu’à ce que la préparation soit homogène et mousseuse. Servez immédiatement ou maintenez au frais avant dégustation.

Accompagnez avec une tartine de pain de campagne beurrée et une tranche fine de jambon de pays. Dégustez !...

Je vous souhaite un très très bon appétit ! En fait, j’ai trouvé cela tellement fantastique, que heu… Vous permettez ? J’y retourne !

A bientôt,
Tit'

P.S. : Après une courte recherche sur Blog-appétit.com, j’ai été ravi de constater que je n’avais pas été seul à avoir l’idée de ce gaspacho. J’ai été encore plus heureux de trouver le billet de Tiuscha (Saveur Passion), auteure d’un blog haut en couleurs que j’aime beaucoup parcourir.

(* Info produit : je trouve le sirop de fruit de la passion "Monin" et le vinaigre à la pulpe de fruit de la passion "A l'olivier" assez facilement sur Paris dans les supermarchés citadins)

mercredi 13 juin 2007

Flûtes torsadées 100% noisette

De la farine de la tête au pied, je boulange. Je ne sais pas trop comment je trouve le temps pour m’y mettre, mais je m’y mets. Et quel éxutoire ! Après une difficile semaine de travail plutôt intense, pétrir me défoule. Pas vous ? Et quand le résultat est à la hauteur de mes espérances, je suis... le plus heureux des hommes ! :)

Si vous aimez les pains gourmands, exercez-vous sur ces flûtes à la mie dense et généreuse, au goût délicat de noisette. En effet, si elles contiennent des noisettes torréfiées, j’utilise également de la farine de noisette. J’ai déniché cela sur le ouèbe et j’étais bien content de ma trouvaille.

Voici la recette que je vous propose, basée sur la baguette de tradition de Sandra.


Flûtes torsadées 100% noisette

Ingrédients (pour 3 flûtes)
125 g de farine de froment T5575 g de farine de noisette
50 g de farine de seigle175 ml d’eau tiède
5 g de sel fin4 g de levure fraîche de boulanger
30 noisettes entières
Marche à suivre

Dans un bol, délayez la levure fraîche de boulanger dans l'eau tiède, puis laissez reposer 20 minutes. Dans un grand saladier, tamisez les farines, puis ajoutez la levure délayée avec l'eau. Mélangez le tout jusqu’à formation d’une boule plutôt collante (rien d’anormal, n’ajoutez surtout pas de farine !) Ajoutez le sel et prétrissez jusqu’à ce que la surface de votre pâte n’adhère plus (comptez 10 minutes). Formez une boule, farinez très légèrement le fond du saladier et déposez-y votre pâton. Recouvrez d'un linge humide et laissez lever 1h-1h30 à température ambiante, en rabattant la pâte toutes les 30 min (c’est-à-dire, glissez délicatement la main sous la pâte en faisant le tour du saladier, soulevez-la et retournez-la).

Farinez le plan de travail et versez-y la pâte délicatement. Farinez légèrement le pâton, puis étirez la pâte de gauche à droite pour former une bande d’une trentaine de centimètres. Repliez la pâte en portefeuille, en étirant les angles pour obtenir un pâton rectangulaire. Recouvrez une nouvelle fois d’un linge humide et laissez reposer 30 min. Recommencez l'opération 2 fois en effectuant 1/4 de tour à la pâte à chaque fois. Enfin, boulez légèrement et laissez détendre 30 min.

Torréfiez à sec les noisettes entières à la poêle. Pesez votre pâton, divisez-le en 3 morceaux de même poids, puis divisez chaque morceau en 2. Façonnez doucement les 6 morceaux en baguettes fines. Attention, c’est fragile, manipulez la pâte avec délicatesse ! Déposez les noisettes sur 3 baguettes, puis croisez deux par deux les pâtons pour former 3 flûtes. Laissez lever 30 min. sous un linge humide, pendant que vous préchauffez le four à 250°C avec de l'eau dans un récipient. Si vous le désirez, saupoudrez les flûtes d'un voile de farine à l'aide d'un tamis. Incisez (facultatif), diminuez la température du four à 220°C, puis enfournez pendant 15-20 min.

Laissez refroidir sur une grille à la sortie du four.

Le meilleur moment pour les déguster ? Le brunch du dimanche matin, encore tièdes, avec un beau morceau de fromage de chèvre tout doux et quelques feuilles de roquette ou des radis roses...

...Entre nous, le dernier brunch que j’ai pu faire, c’était... C’était quand ? Ah oui, au siècle dernier ! :)

Bon appétit,
Tit'

samedi 9 juin 2007

Toute la mer dans mon assiette

Je peux être le plus froid, le plus détestable et le plus cruel des oyster serial killers de la planète, comme le plus tendre et vulnérable être qui soit. Si, je vous garantis, j’ai besoin d’un peu de tendresse, bordel ! Ecoutez plutôt cette histoire qui se déroulait il y a peu.

J’ai bien cru que j’avais mis toute la mer dans mon assiette. J’ai eu honte tout à coup. Je me voyais accusé de vider les océans, de liquider des ressources déjà bien épuisées. J’imaginais une cohorte d’écologistes déchaînés en train de manifester au pied de chez moi, avec des banderoles et des slogans véhéments dénonçant mon comportement irresponsable. Pire que tout, j’imaginais en tête de ce cortège, sans pour autant, pour ce que j’en sais, qu’il ait des affinités particulières avec ce mouvement-là, un Patrick rouge de colère – ce qui me paraîtrait tout à fait légitime de sa part –, car non content d’avoir assassiné 24 huîtres, je venais de renouveler mon crime... en pleine saison de reproduction des gastéropodes. La honte, je vous dis !

Je sentis mes joues s’empourprer, je tentai de balbutier des excuses que je trouvai désespérément plates et il me sembla que des larmes me montaient aux yeux. Pour les dissimuler à mes convives qui n’auraient pas compris cet accès d’humilité, je me précipitai hors de la salle à manger sous le prétexte que j’avais oublié la fleur de sel – elle trônait pourtant au beau milieu de la table à la vue de tous. Incapable de me contrôler, le pied à peine mis dans la cuisine, mes glandes lacrymales se déversèrent en flots discontinus. Je tachai de me calmer en me passant un peu d’eau froide sur le visage.

Cinq minutes plus tard, les yeux rougis, je rejoignis ma place parmi les miens, la tête entre les épaules et quelques peu confus. Je perçus comme un murmure profond et général de satisfaction qui émanait de ces bouches en pleine mastication. Un coup d’oeil en coin jeté ici ou là sur les assiettes de mes voisins de table et je constatai qu’elles étaient déjà bien entamées et qu’ils se régalaient. Ô ciel, ils aimaient ma cuisine ! Ils ne m’en voulaient pas d’avoir nettoyer les océans du moindre poisson ou du moindre coquillage ! Cela m’émut plus que je ne l’aurais cru tout à coup et je dus une nouvelle fois fuir de la pièce, le corps secoué de sanglots étouffés tant bien que mal. Je pris mon temps pour me ressaisir, bien décidé cette fois-ci à accompagner mes hôtes dans leur repas. Je revins à table, souriant, heureux et apaisé, j’attrapai mes couverts et m’apprêtai enfin à déguster mon repas. Je vis alors une chose incroyable : on avait dévoré le contenu de mon assiette et tous autour de la table prenaient l’air de celui ou celle qui ne sait pas, de celui ou celle qui n’a rien vu et qui, même s’il ou si elle savait, ne dirait rien au nom d’une certaine loi du silence.

Incapable de me contenir, je pleurai à chaudes larmes.

Héhé, meuh quelle mauviette, ce Tit’, c’est pitoyab’ ! Du coup, l’image du terrrrifiant serial killer s’effondre un peu, je crains de ne plus être trop crédib’, hein ! ;o)

Trêve de plaisanterie, filons en cuisine si vous le voulez bien, j’ai des recettes toutes simples à vous présenter, rapides à réaliser et surtout avec pas mal de produits de chez le Môssieu venu de la Picardie Septentrionale avec des glaçons sur son traîneau. Vous voyez l’tableau ?...


Rillettes minute de thon germon

Ingrédients (pour 1 petite terrine)
1 boîte de thon germon au naturel4 Kiri
2 petits oignons nouveauxciboulette et persil surgelés
1 pincée d’épices moulues5 baies de genièvre
poivre du moulin
Marche à suivre

Epluchez et émincez très finement les oignons. Ouvrez la boîte de thon et égouttez bien la chair de thon. Dans un bol, écrasez à la fourchette plus ou moins grossièrement le thon avec le Kiri, les oignons émincés, les herbes surgelées, la pincée d’épices moulues et quelques tours de moulin à poivre. Ajoutez les baies de genièvre, versez la préparation dans une petite terrine, lissez la surface et réservez au frais quelques heures avant de servir sur des tartines de pain de campagne légèrement grillées. (Source : D’après la recette des rillettes de thon de M. Duveau, tirée du Carnet de recettes Côté Ouest, p. 30)


Lotte fumée au thé fumé

Ingrédients (pour 4 personnes)
350-400 g de chair de lotte3 CS de thé fumé Lapsang Souchong
1 verre d’eau froidefleur de sel, poivre, baies roses
Marche à suivre

Demandez à votre poissonnier qu’il découpe un morceau de lotte dans sa partie la plus large, sans peau et sans cartilage.

Découpez la chair de lotte en 4 morceaux de même poids. Dans une casserole à fond épais, chauffez à sec le thé fumé jusqu’à ce qu’il commence à fumer légèrement et que l’odeur de thé se répande dans la cuisine. Déposez les morceaux de lotte sur un disque de papier cuisson préalablement perforé, dans un panier vapeur en bambou. Placez le panier sur la casserole et laissez fumer 2 minutes. Retirez le panier, versez dans la casserole un verre d’eau froide, replacez le panier et laissez cuire à la vapeur entre 8 et 10 minutes. Servez la lotte fumée avec une pincée de fleur de sel, du poivre du moulin et quelques baies roses pour décorer, rien de plus !


Papillote de cabillaud mariné aux épices

Ingrédients (pour 4 personnes)
400 g de pavés de cabillaud2 CS d’huile d’olive
1 CS de sauce d’huître10 gousses de cardamome verte
1 CS de graines de coriandre1 CC de poudre de curry
1 CC de sésame1 CC de pavot
noix de muscade râpéefleur de sel, poivre du moulin
Marche à suivre

Dans un mortier, écrasez plus ou moins grossièrement les graines de cardamome et de coriandre. Mélangez dans un bol les épices écrasés, la poudre de curry, un peu de noix de muscade râpée, les graines de sésame et de pavot, du poivre du moulin, l’huile d’olive et la sauce d’huître. Si besoin, découpez vos pavés de cabillaud en 4 morceaux de même poids. Badigeonnez-les avec la marinade et laissez macérer ainsi pendant 15 minutes. Préchauffez le four à 180°C. Mettez le poisson en papillote dans du papier cuisson, puis enfournez pendant 15 minutes. Retirez les pavés de cabillaud des papillotes, puis servez-les avec une pincée de fleur de sel. (Sources : d’après la recette de thon en robe d’épices en papillote, Saveurs n°152, février-mars 2007, p. 114)


Salade primeur aux huîtres fraîches

Ingrédients (pour 4 personnes)
4 coeurs d’artichaut surgelés12 asperges vertes surgelées
4 tomates confites12 tomates cerises
1 poignée de mesclun par personne12 huîtres creuses
4 CC d’huile d’olive4 CC de vinaigre de tomate Mutti
fleur de selpoivre du moulin
Marche à suivre

Cuisez à la vapeur les coeurs d’artichaut et les asperges vertes selon les indications portées sur les sachets. Réservez au frais après cuisson ou consommez tiède, selon votre goût.
Passez les huîtres sous un filet d’eau fraîche. Ouvrez-les et détachez délicatement la chair. Jetez la première eau et replacez les huîtres dans leur coquille pour qu’elles produisent une seconde eau. Lavez et essuyez les tomates cerises. Lavez et essorez le mesclun (roquette, pousse d’épinard, feuille de chêne rouge, frisée et laitue). Dans un bol, prélevez l’eau des huîtres. Préparez une vinaigrette : mélangez cette eau avec l’huile d’olive, le vinaigre de tomate, la fleur de sel et quelques tours de moulin à poivre. Dressez votre salade dans les assiettes en utilisant les coeurs d’artichaut comme des coupelles, dans lesquelles vous disposerez les huîtres (sans leur coquille) et une tomate confite. Arrosez le tout avec votre vinaigrette.

Bon appétit,
Tit'

mardi 5 juin 2007

Huîtres gratinées à la Tit'oise

« Je rédige ce billet sans savoir si je fais mal ou bien, si l’intention est bonne ou non. Je ne sais pas trop si je dois vous le confier ni quelle forme donnée au récit qui suit, j’ignore seulement quel effet celui-ci pourrait avoir sur des âmes sensibles comme les vôtres. Ce que j’ai à vous conter à mon sujet est si terrible que je ne peux rien garantir sur des réactions en chaîne que mon histoire pourrait encourager. Peut-être déserteriez-vous définitivement cet imbloglio – que j’appelle Num Num Birdy! – pour mon plus grand malheur.

Oui, belle lectrice et charmant lecteur, c’est à vous que je m’adresse, à vous que je veux dire quel crime j’ai commis. Car, oui, amis, j’ai assassiné, pour dire vrai. Par vingt-quatre fois j’ai tué, vingt-quatre coups de couteau fatals, portés avec une précision chirurgicale, vingt-quatre victimes innocentes qui ne demandaient qu’à vivre.

C’était un vendredi. Je revenais du marché, où j’avais acheté deux douzaines d’huîtres creuses en provenance directe de la baie de Quiberon, une livre de beurre baratté au sel des salins de Guérande et des oeufs tout frais pondus à l’aube, comme me l’avait garanti l’agricultrice qui tenait l’étal. Chemin faisant, la façon que j’aurais d’accommoder les huîtres m’apparut très clairement. Avant de m’en aller derrière mes fourneaux, je passai par le jardin couper des brins de ciboulette encore frais de rosée, puis je fis un détour par la cave pour y extraire une bouteille poussiéreuse de Sancerre blanc. Je filai tout droit dans la cuisine déposer sur la table en chêne ma marchandise, me passai les mains sous un filet d’eau chaude, enfilai un tablier et je m’attelai à la tache avec une certaine excitation.

J’attrapai le sachet bleu, que la mareyeuse aux mains aussi large que dix battes de baseball avait lié fermement, et avec mes ongles j’éventrai le plastique de part en part pour dévider son contenu sur l’émail de l’évier. A la vue des beaux mollusques dans leur enveloppe de nacre verte et grise aux coutures acérées, mes yeux s’illuminèrent un bref instant d’un éclair pervers qui aurait trahi ma pensée, si je n’avais pas été seul dans l’office. "Qu’avons-nous ici ? Deux douzaines d’huîtres bretonnes et fières de l’être ? Pauvres bestioles sans défense ! Je vais m’occuper de vous, je vais vous donner une bonne leçon !"

Dans l’évier, où elles attendaient comme pétrifiées que je les manipule, je fis couler de l’eau très fraîche sur les coquilles pour en chasser algues et grains de sable récalcitrants. De la main, je les caressais doucement, comme on le ferait sur la joue d’un enfant plein de larmes pour l’apaiser, dans l’espoir que la chair des gastéropodes se détende lors de leur ultime baignade. Lorsque j’eus les doigts glacés, je saisis brutalement la plus petite huître d’entre elles et je la fis voler dans l’autre main, où elle manqua de m’échapper. "Le superbe coquillage !" Je perçus comme un trouble rétif dans l’eau de la part de ses aînées. L’une d’elles, qui m’apparut la plus massive et la plus âgées, laissa même échappée un flot de petites bulles d’air qui remontèrent prestement à la surface ; elles n’avaient d’autre but que de m’attendrir, pensais-je, mais elles manquèrent bel et bien leur effet, car au lieu d’un cri – étouffé par le bain – les bulles en éclatant à la surface de l’eau claire tintèrent joliment à mon oreille. Cette huître sage voulait-elle que j’épargne encore un temps sa cadette ? Tentait-elle de se rebeller contre l’ordre des choses qui veut qu’une huître qui ne produit pas de perle soit consommée quelques trois ou quatre ans après sa naissance ? "Ne crains rien, ma belle, ce n’est que moi, Tit’, l’oiseau détrousseur, bonimenteur et persifleur, l’oiseau de malheur, le corrompu, le débauché ! Et tandis que je serais jugé par mes pairs pour avoir perpétrer des actes aussi délictueux, pour avoir enfreint à ce point les lois de la nature, vous serez bien loin de vos coquilles, mes très chères huîtres, aux portes du Paradis !"

Pour mater ce mouvement de révolte latent, sans attendre j’empoignai le couteau à huîtres, une fine lame, courte et très robuste, offrant une protection pour la main la saisissant, mais peu rassurante pour la main située sous l’huître, c’est-à-dire en direction du mouvement que j’exerçais précisément sur la coquille de la jeune huître. Après quelques coups de pointe donnés à l’endroit de la charnière et un habile tour de poignet, j’exultai lorsque je fis pénétrer la lame émoussée sous la coque du gastéropode et que je rompis d’un geste prompt le muscle adducteur. Je pus enfin découvrir, ce que la bête blessée contenait. Bien que la coquille fût petite, l’huître était charnue et présentait bien. Au cœur du manteau translucide bordé d’un fin galon croquet noir, semblable à du velours, l’huître avait pris une extraordinaire couleur verte. Elle s’était nourrie de navicules bleues, dont les huîtres sont particulièrement friandes. Goulu comme je suis, je fus tenter de la détacher toute entière de sa nacre pour l’avaler crue dans son premier jus iodé aux saveurs inimitées et inimitables, puis je me rappelai que la pingre poissonnière ne m’en avait donner que le compte exact, au lieu des treize à la douzaine habituels. Je m’abstins avec un pincement au coeur et plaçai la bête sur du papier absorbant, pour qu’elle dégorge.

Désormais, au fond de l’évier régnait un calme résigné. Vingt-trois huîtres attendaient leur tragique destin. Et ainsi fut fait : une à une, sans aucun état d’âme, je transperçai la carapace des gastéropodes et les déposai auprès de leur jeune sœur. Je ne cessais de contempler ce camaïeu vert de gris qui me donnait l’impression d’une aquarelle de Ch. Cambier, à ce détail près que mon aquarelle se mouvait, vivait, bien que moribonde, car je voyais la chair des huîtres se contracter à la moindre vibration dans l’air. Je savais qu’elles vivaient là leurs derniers moments et je prenais un malin plaisir à le faire durer. Je voulais qu’elles voient le sort que je leur préparais et qu’elles admirent la dextérité que j’employais pour leur offrir la plus belle fin qui soit. "A présent que j’ai brisé votre carapace, à présent que vous êtes à ma merci, si nues sur le plan de travail, je peux poursuivre : que diriez-vous d’être nappées d’une sauce bouillante et acide, puis d’être passées au grill sans commune mesure ?"

Avec un sourire dégoûtant vissé au coin des lèvres, je réalisai une sauce façon sauce hollandaise à ma manière. Je mis à fondre un morceau de beurre demi-sel au bain-marie, je battis dans un cul de poule une paire de jaunes d’oeuf, auxquels j’ajoutai successivement, avec les gestes lestes de celui qui a le savoir-faire, une lichette de Sancerre blanc et quelques tours de moulin à poivre. J’allumai la gazinière, plaçai la casserole sur le feu au plus bas et j’y battis mon mélange pendant quelques minutes, au point de le rendre mousseux. Le fumet du Sancerre se répandit doucement dans la cuisine et vint me chatouiller les narines. Hors du feu, j’entrepris d’ajouter le beurre fondu progressivement. Je continuai à battre la préparation, j’ajoutai au goût quelques gouttes de citron pour exhorter l’acidité de la sauce. Il se dégageait de la casserole en cuivre une odeur de cuisine suave, qui me fit frissonner de convoitise. Enfin, la sauce était prête. La recette arrivait à son terme, je bouillonnais d’impatience.

Je mis le four à préchauffer et lorsqu’il fut à bonne température, j’arrangeai délicatement mes huîtres dans un plat en céramique. Je nappai les bêtes de sauce et je pus voir chacune d’entre elles se rétracter sous l’effet de la chaleur. Le bouleversant et jubilatoire spectacle ! J’enfournai le plat assez haut dans l’habitacle, sous le grill, pendant un lot de minutes qui me parut durer des heures, tenaillé que j’étais par la faim, la soif et plus que tout par l’envie d’y planter les dents. Pour patienter, je découpai de minces tranches de pain, sur lesquelles je déposerai ensuite les pièces de mon gratin. J’hésitai un moment avant de les passer également sous le grill, mais il fut vite trop tard pour agir, car les huîtres venaient définitivement de rendre l’âme sous le feu de la résistance rougeoyante.

Il était temps que je me délecte. Je ne vous décrirais pas le moment d’extase qui s’ensuivit, lorsque je saisis à pleine dent une huître gratinée encore fumante. Après l’horrible forfait que j’avais commis et la cruauté avec laquelle j’avais agi, vous n’auriez pas compris la joie qui me gagna à cet instant. Si je me livre à vous aujourd’hui, ce n’est pas pour tenter d’expier ma faute. Je n’ai pas à me repentir, je ne me sens nullement blâmable, car je sais bien que je ne suis pas le premier et encore moins le dernier à m’exécuter avec tant de véhémence en cuisine. Seulement, il me fallait vous conter cet événement de la manière la plus réaliste qui soit pour que vous sachiez pertinemment à qui vous aviez affaire. Si j’étais amené un jour à travailler auprès de vous, je préfère que vous soyez averti.

Maintenant, je m’en vais me reposer un peu. L’intense récit de ce souvenir m’a quelque peu épuisé. Je m’installe sur le sofa et j’attaque quelques lectures qui traînent sur mon chevet : Si par une nuit d'hiver un voyageur d’Italo Calvino, Justine ou les Malheurs de la vertu du Marquis Donatien Alphonse François de Sade et un curieux ouvrage, La Soupe de Kafka d’un certain Mark Crick... dont ces lignes sont fortement inspirées. »

Huîtres gratinées à la Tit’oise

Ingrédients (pour 4 personnes)
24 huîtres creuses1 baguette aux céréales
100 g de beurre demi-sel2 jaunes d’oeuf
1/2 jus de citron1 lichette de Sancerre blanc
poivrequelques brins de ciboulette
Marche à suivre

Ouvrez les huîtres et égouttez la chair sur du papier absorbant.

Préparez une sauce façon sauce hollandaise. Faites fondre le beurre au bain-marie, puis réservez. Dans une casserole, battez les jaunes d’oeuf avec le Sancerre blanc et quelques tours de moulin à poivre, puis mettez à cuire sur feu doux en fouettant sans arrêt pendant 3 min. Hors du feu, ajoutez peu à peu le beurre fondu et tiédi en mélangeant continuellement. Ajoutez le jus de citron (n’en mettez pas trop, la sauce doit rester assez onctueuse, pas trop liquide, pour gratiner correctement).

Déposez les huîtres égouttées dans un plat creux allant au four, nappez-les avec la sauce et passez le plat au grill (250°C) pendant 5 minutes. Découpez 12 tartines d’1 cm d’épaisseur dans la baguette, que vous grillerez ou non, selon votre goût. Lorsque les huîtres sont suffisamment gratinées, sortez le plat du four et déposez 2 huîtres sur chaque tartine et décorez avec la ciboulette.

Forcément, on boira – pour plaire à Claude-Olivier – un Sancerre blanc, ou à défaut un Muscadet sur Lie avec ces tartines iodées et savoureuses ; toutefois, n’ayez pas peur de vous lancer si vous n’avez sous la main qu’un Gros Plant bien frais. Association garantie !

Bon appétit,
Tit'

Les huîtres sur NNB!

Salade mesclun aux huîtres et aux marrons
Huîtres au jus de légumes frais, blinis aux algues
Soupe Parmentière huîtres, morilles et lard croustillant

A voir ailleurs

Le blog culinaire d'une ostréicultrice : Les couleurs d’Isa

A dévorer de toute urgence !

Si vous n’avez rien à lire en ce moment, chez vous, dans les transports qui vous amènent au travail, dans le train, le bateau ou dans l’avion qui vous conduit d’un continent à l’autre sur le trajet des vacances, je vous invite à déguster ce drôle de bouquin aux mots hyper jubilatoires. Voici 16 recettes rédigées "à la manière de", non sans talent. De ce livre, je n’ai fait qu’une bouchée. Non, je mens : 16 bouchées (et un gros rototo pour bien digérer) !

Mark Crick, La soupe de Kafka, éd. Flammarion

Ce livre est sous-titré dans les termes suivants : "Une histoire complète de la littérature mondiale en 16 recettes" et pour cause, ils sont tous là : Raymond Chandler (Le grand sommeil), Jane Austen (Raisons et sentiments), Franz Kafka (La métamorphose), Irvine Welsh (Trainspotting), Gabriel Garcia Marquez (Cent ans de solitude), John Steinbeck (Des souris et des hommes), Italo Calvino (Si par une nuit d’hiver un voyageur), le Marquis de Sade (Justine ou les malheurs de la vertu), Virginia Woolf (Orlando), Homère (L’Odyssée), Marcel Proust (Du côté de chez Swann), Graham Greene (L’agent secret), Jorge Luis Borges (Fictions), Harold Pinter (Le gardien), Thomas Mann (Mort à Venise), Geoffrey Chaucer (Les contes de Canterbury) et Tit' (Num Num Birdy!). Heu... non, là, j’déconne ! :)

Quelques avis sur l’ouvrage

Les Echos : http://www.lesechos.fr/
Weblettres : http://www.weblettres.net/
Lire : http://www.lire.fr/

vendredi 1 juin 2007

Ma Tit' de blog

Oui, c'est de l'autopromo, et alors ?!

V'là qu'on parle de moi, hé ! J'allais pas passé à côté, hein ! Paraîtrait même que j'ai répondu aux questions posées par Lucile. Si, si, vrai de vrai ! Z'allez-y voir si vous m'croivez pas !

Cliquez donc sur le logo ci-dessous pour accéder à l'entrevue :

A bientôt,
Tit'
P.S. : Annie, désespère pas, je reviens dès que bleussipo !

mardi 22 mai 2007

Mes quat’z’amis !...

Dans la vie, j’ai quat’z’amis : la Cuisine, la Photographie, le Théâtre et la Lecture. Y’a des amis que j’vois pas mal, y’a ceux que j’vois moins, y’a ceux que j’vois plus trop, voire plus du tout. Hélas, la vie est ainsi faite, une suite d’obligations et de compromis, et tant pis s’il faut négliger ce qu’il y a de plus cher au monde !

Toutefois, il y a bien un ami pour lequel je ne tolère aucun sacrifice, à qui je suis fidèle et le resterais jusqu’à la fin des temps et de mon temps : le livre !

Lire. Ah, vl’à bien un plaisir qu’il est doux et violent, passionnant et chiant à mourir, drôlissime et tristissime ! Savoir lire. Oh le beau souffle de liberté et de pouvoir que je ressens, lorsque j’apprends à lire, à écrire, à comprendre le sens des mots ! Voilà qui bouleverse ma vie et ma vision toute enfantine du monde. Aujourd’hui, ouais, j’dis pas que j’suis un grand lecteur, ce genre de dévoreur de livres, vous savez, qui ingurgite plusieurs ouvrages par mois, voire par semaine, à un rythme qui ferait pâlir un travailleur chinois dans une chaîne de confection vestimentaire. Au contraire, bibi est un lecteur trèèès raisonnable, limite mou du g'nou, qui lit au pire 12 livres par an au mieux un trentaine. Je sais, peut mieux faire, j'connais, j’ai été abonné ! Je n’en demeure pas moins un bon lecteur. Assidu, passionné, attentif, à l’écoute des mots, agissant avec persévérance quand je me décourage devant le baragouin de certains bouquins désoeuvrants. Lire un livre pour moi est une démarche intellectuelle nécessaire, vitale. Elle commence toujours par un désir d’information : qui a écrit ? quoi ? quelles sont les œuvres intéressantes du moment ? quels sont les ouvrages négligés des critiques et qui mériteraient que l’on s’y intéresse ? de quoi ce livre parle-t-il ? etc. Elle se poursuit souvent par un désir d’acquisition. Acheter un livre, le posséder pour moi, est un acte d’amour pour l’objet et pour la lecture, dont j’ai du mal à me passer. Bah ouais, j’t’aime, Coco ! Emprunter un livre, je trouve cela d’une indécence ! On dirait une passade. J’ai bien du mal en période de vache maigre à faire le tour de la bibliothèque municipale à la recherche du recueil ou de l’ouvrage qui me tenterait... Une fois les renseignements sur l’ouvrage pris et digérés, une fois le livre en main, acheté plus souvent qu’emprunté, je me mets tout doucement à sa découverte, à sa lecture. Commence pour moi, alors, un difficile et long travail de pénétration des mots de l’auteur. J’ai besoin de m’y coller au plus près, d’en trouver la clé dès le départ pour entrer dans son univers et n’en ressortir qu’à la dernière page ou plus tard, bien plus tard. Quand je ne parviens pas à percer le mystère des mots, après maintes tentatives – je suis persévérant, vous dis-je –, il m’arrive d’abandonner désespéré le pauvre ouvrage sur la table de nuit, puis sous la pile des livres qui s’y entassent, puis par terre quand la pile s’effondre et mord la poussière. C’est pas facile d’abandonner un livre, vous trouvez pas ? Si le livre était doté de parole, j’imagine bien sa souffrance : pourquoi mes mots ne t’atteignent pas ? y’a quelque chose qui va pas, qui te plaît pas ? tu m’trouves pas beau, c’est ça ? trop gros ? trop maigre ? trop reulou ? Bah ouais, man, tout ça à la fois, file donc au pilori avant que je t’envoie une avoinée ! Et VLAN ! Et SCHLAC-SCHLAC-SCHLAC ! Et FIZZZZZ ! Te voilà recyclé en torche-cul, y’a bien qu’à ça que tu pouvais me servir !...

Allons, quittons ces paroles acides et grossières, et passons au questionnaire piqué sur le blog de Claude-O. Au questionnaire ?!... Bah oui ! Ce que j'ai lu/je lis/lirai/lirai plus/lirais... Z'aviez toujours pas compris ? J’ai quat’z’amis, comme que j’vous l’disais plus haut, si y’en a quêqu’z’uns qui suivent, j’aime lire (mais pas que). La preuve par quat' !...

Les 4 livres de mon enfance
J’avais 8 ans ; le premier livre complet que je lus, acheté en librairie où je fis tout spécialement le déplacement pour y dépenser mon tout premier argent de poche, fut Kay Haugaard, La petite fille au kimono rouge, éd. Livre de Poche Hachette. L’histoire : Myeko, une petite japonaise, quitte son pays pour s’installer en Californie. Elle a bien du mal à s’habituer à sa nouvelle vie et elle se trouve rejetée par les élèves de sa classe. Peu à peu, elle conquiert les autres élèves par sa gentillesse, son intelligence et la richesse de sa culture.

J’avais 11 ans ; j’entrais au collège, où l’un des premiers livres que j’empruntai à la bibliothèque fut José Mauro De Vasconcelos, Mon bel oranger, éd. Livre de Poche Hachette. L’histoire : Zézé, enfant des rues, est né au Brésil dans une famille pauvre qui le maltraite. Seule sa sœur prend soin de lui. Quand il est vraiment trop malheureux, c'est auprès de Minguinho, un pied d'oranges douces, qu'il va trouver du réconfort. Cet arbre lui parle...

J’avais 14 ans ; depuis 3 ans, je fais partie du club théâtre du collège. La scène me grise, j’y prends goût. En classe de 4ème, je me consacre plus activement encore à mon activité théâtrale, au détriment des cours... Il n’y a que sur scène que je suis bien, que je suis à l’aise, où je peux étouffer le mal-être qui me ronge peu à peu. Sur cette scène, on va me voir, on va m’entendre. Une semaine durant on ne verra que moi – pensais-je, alors – puisque je monopolise la scène. Ce ne sont pas les comédiens professionnels qui ont bien voulu faire le déplacement jusqu’à nous qui me détromperont : "Tu dois continuer, tu as du talent, jeune homme, tu as tout compris, fonce !". Moi, j’y crois... Tant pis ! Et puis, je rencontre des auteurs, des que je porterais longtemps dans mon cœur, des que je défendrais bec et ongle, lorsque certains critiqueront leur caractère suranné. Ainsi, Eugène Ionesco, Rhinocéros, éd. Folio Gallimard. L’histoire : Dans une petite ville de nulle part, un rhinocéros fait irruption et sème la zizanie dans l’esprit de la population. Certains se transforment en rhinocéros ; d’autres résistent pour mieux suivre le troupeau par la suite. Seul Bérenger échappe à la transformation. Rhinocéros est une pièce engagée qui condamne la dictature sous toutes ces formes. "Je ne capitule pas", s'écrie le héros. Le rhinocéros incarne le fanatisme.

J’avais 17 ans ; je poursuis le théâtre au lycée, je m’oriente vers les métiers des arts du spectacle peu à peu, la littérature occupe une place essentielle dans ma vie en internat. Si je suis loin des miens, je prends goût à cette liberté nouvelle et pas désagréable du tout... Je prépare sagement le baccalauréat de français et je découvre les poètes du XXème siècle. Valéry, Eluard, Apollinaire, Michaux, Ponge, Cendrars, Claudel, Breton, Aragon, Desnos, Artaud, Char, Bonnefoy, pour eux je m’emballe. Au bout de ce magnifique parcours poétique, il y a un homme au nom qui sonne étrangement, comme une ballade irlandaise, il s’appelle Saint-John Perse et il écrit Amers, éd. NRF Gallimard.

Les 4 écrivains que je lirais et relirais encore

Des années de théâtre, vous dis-je, quinze précisément, jusqu’à ce que... jusqu’à ce que je ne me sente plus dans mon élément. Ou plus totalement. Vrai, s’il s’agit de faire le clown, de me cacher le visage sous un masque de Commedia dell’Arte et de faire revivre durant quelques heures les grandes figures de la scène italienne à partir de canevas improvisés sur le fil, là je m’éclate. Mais, donnez-moi un texte, quel qu’il soit, donnez-le moi à jouer, et voyez comme je ne suis plus rien, comme je ne sais plus rien de tout ce que j’ai appris durant ma formation, je perds mes moyens, absorbé que je suis par la beauté et la force des mots. Les mots m’envahissent et trahissent l’attachement que j’ai pour eux. Ainsi, je me perds dans les tragédies antiques et classiques, ainsi je me perds avec les héros tragiques, ces mythes qui résonnent en moi, même après dix ans où j’ai cessé de les fréquenter. Ainsi, je lirais et relirais encore, en tête, Sophocle, Elèctre, éd. Actes-Sud Papiers (texte de la mise en scène d’Antoine Vitez en 1986).

Les poètes du XXème siècle, toujours eux. Vous grandissez, vous vieillissez, votre esprit mûrit et vos goûts s’affinent. Et vous décrétez tout à coup que Paul Eluard avec sa Capitale de la douleur, éd. NRF Gallimard est le plus grand poète de tous les temps, car vous l’aimez, vous l’aimez ce recueil, ses mots trouvent un écho particulier en vous, vous reconnaissez tout ce qui est ou fait votre vie, la femme que vous avez rencontrée est si unique et L’unique, c’est elle !

Et puis, il y a des auteurs que vous découvrez au détour d’un rayon chez votre libraire. Une couverture qui vous fascine au premier coup d’œil, une quatrième de couverture encore plus séduisante, et vous repartez avec le bouquin sous le bras avec la ferme intention de ne pas l’ouvrir avant d’avoir achevé le livre (les ?) en cours... Mais voilà, un siège se libère dans le bus, c’était inespéré. A peine assis vous attaquez la lecture du bouquin, que seule la fatigue parviendra à vous faire quitter à je ne sais quelle heure avancée de la nuit. Ainsi, Timothy Findley, Pilgrim (ou mieux encore, La fille de l’homme au piano), éd. Le Serpent à Plumes ou Folio Gallimard. Lisez ses œuvres (une dizaine), c’est le plus grand hommage que vous puissiez rendre à cet écrivain et dramaturge canadien mort en 2002 en Provence, où il vivait depuis plusieurs années.

P.S. : J’en profite pour lancer un appel, à nos amis canadiens tout particulièrement. Quelqu’un connaîtrait-il les droits d’acquisition et/ou d’adaptation d’une œuvre au Canada ? J’ai un projet, que je souhaiterais mener à bien, un jour...

Il en manque un ?... Pas de littérature française à l’horizon ? De moins en moins, je l’avoue. La littérature nord américaine m’attire de plus en plus, j’ai du mal à y résister, je le reconnais. Auster, Hustvedt, Banks, Dos Passos et d’autres ont pénétré peu à peu mon Panthéon. Seul un auteur, un grand classique, les coiffe sur le poteau et s’affiche chez moi comme L’auteur qui mérite que je le lise et relise et relise… Si je ne devais emporter qu’un bouquin avec moi, celui qui resterait dans ma poche jusqu’à ce que les pages s’arrachent une à une et que je n’ai pas la possibilité de les recoller, ce serait Guy de Maupassant, Une vie. Toute son œuvre, en fait. Romans, contes et nouvelles. De lui, j’aime tout. TOUT !

Les 4 auteurs que je n’achèterais/n’emprunterais pas/plus

Pas la peine de déblatérer sur la (sur)médiatisation des uns, sur le goût de la provocation des autres, sur l’incrédulité que l’écriture des uns ou des autres m’inspire. Peut-être tout cela vous fera-t-il hurler au scandale, à vous de me convaincre que j’ai tort, dites-moi que je me trompe, je veux bien le croire, mais dites-moi ! Je bannis donc de ma bibliothèque...

Michel Houellebecq – J’avais adhéré pourtant à sa proposition révolutionnaire qui prônait ouvertement – pensais-je à l’époque – une extension du domaine de la lutte, comme un pas salutaire vers la liberté individuelle. Néanmoins, quelques particules élémentaires au succès de cet auteur à la plume intéressante, même si dénuée de toute poésie, ont ruiné pour moi les succès suivants. Je n’entrevis même pas la possibilité d’une île, où Houellebecq puisse aller reposer ses vieux os fatigués, dépressifs et... casse-c*** ! Désolé pour les fans, J’AIME PAS MICHEL HOUELLEBECQ !

Nick Hornby – "Un roman hilarant, voilà l'événement !" dit une critique du magazine Lire à propos de Haute Fidélité. Hilarant ? Que dit le dico ? "HILARANT, -ANTE, adj. – Qui rend gai, qui provoque le rire ; par métonymie, qui exprime l’hilarité." Mouaif... Ai-je seulement souris une fois, rien qu’une seule fois ? Ah oui, c’est vrai, je suis un gros vilain menteur ! Lorsque j’ai fermé le livre à la toute dernière page, j’ai eu un sourire jusqu’aux oreilles et j’ai lancé des Alléluia à travers la chambre, pour célébrer la fin de mon calvaire ! Désolé pour les fans, J’AIME PAS NICK HORNBY !

Stendhal – Lorsque je l’ai abordé au lycée, j’ai tout aimé. Son esprit revanchard, sa fougue, son immoralité, la violence de ses sentiments. Julien Sorel était LE héros romantique par excellence, celui en qui je pouvais m’identifier, celui que je voulais suivre jusqu’au bout. Puis il y a eu La chartreuse de Parme, puis les années ont passé... La fac de lettres. Me voici à devoir relire tout Stendhal à commencer par Le rouge et le noir. GAST ! L’horrible chose, l’horrible personnage, l’horrible Sorel, l’horrible del Dongo ! Pour qui se prennent-ils ces petits cons ? Pressez leur le nez, il en sortira du petit lait. Et qu’ils aillent au diable avec leurs hésitations sans fin, leur fascination des causes perdues, qu’on en finisse et vite ! Pour moi, je tire un trait sur Stendhal et sur ses drôles de trublions romantiques. Il n’y a bien que son Racine et Shakespeare, que j’étudie pour d’autres raisons et qui mérite qu’on s’y intéresse pour saisir les balbutiements du théâtre romantique, auquel Victor Hugo donnera ses lettres de noblesse. Désolé pour les fans, J’AIME PAS STENDHAL !

Hella S. Haasse – C’est le coup d’œil sur l’illustration en couverture, c’est la lecture du résumé au dos du bouquin, c’est le respect que je dois à la maison d’édition, qui me font pencher pour Un long week-end en Ardennes ce jour-là. La terrible erreur ! Pourquoi est-ce que je m’ennuie autant dès la 5ème page ? C’est lourd, lourd, mal écrit (mal traduit ?), je désespère. J’achève le roman, non sans mal, très en colère contre moi pour avoir cédé à cet achat. Je fais quelques recherches pour comprendre mon assentiment à l’égard de ce livre, de cet auteur. Bah, pardonnons-lui, la dame est vieille, 1918, elle n’est pas née d’hier ! Bah, on verra bien, elle a dû s’égarer, le succès elle a dû connaître, il doit bien y avoir un quelconque récit qui vaille la peine ! Malgré le bilan, je reste très positif et pourtant... Pourtant, je n’ai jamais retenté la moindre lecture de Hella S. Haasse. Désolé pour les fans, J’AIME PAS HELLA S. HAASSE !

Les 4 livres que j’emporterais sur une île déserte

J’ai commencé à aborder la question. Je prendrais :

1 dictionnaire (vital !) : le Dictionnaire historique de la langue française, éd. Le Robert, administré par le très passionnant Alain Rey. Ce dico, je l’ai pas, j’en rêve, et je me contenterais volontiers des 3 volumes compactes (plus fastoche à trimbaler)

1 roman : Une vie de Guy de Maupassant. Ses œuvres complètes idéalement.

1 recueil de poésie : Capitale de la douleur de Paul Eluard, pour me rappeler toujours mon Unique.

1 auteur : Si j’avais le choix, j’aimerais que mon île ait une âme celte, qu’elle soit un vaste bout de Bretagne perdue aux milieux des océans et des éléments météorologiques. Il y aurait : la falaise de granit, la grotte, la plage de sable blanc se découvrant loin à marée basse, la lande, la forêt de pins et de feuillus, le ruisseau tranquille, chuintant et vacillant entre les rocs moussus jusqu’au gouffre terrifiant, prêt à avaler mon âme et mon corps au premier faux pas sur la roche glissante, pour les mener tout droit devant les portes... de l’Enfer ? du Purgatoire ? du Paradis ? Qui sait ? J’ai peut-être une chance... Il y aurait des terres labourables qui me fourniraient suffisamment de nourriture si je l’entretenais bien et la respectais. Il y aurait de quoi m’abriter : une chapelle oubliée, délaissée, plus encline au recueillement qu’à la prière que je ne connaîtrais pas, puisque je ne l’ai jamais apprise, qui me servirait de phare, de balise, les nuits de tempêtes pour signaler la présence de cette terre inconnue – terra incognita – où j’habite. Il y aurait un penty, sans confort, un puits d’eau fraîche et minérale et des outils oubliés par je ne sais quel homme, joliment fabriqués, solides comme la pierre, dans une remise jouxtant la maison. J’aurais du pain sur la planche pour faire vivre cette île. Cela serait dur, très dur, mais avec de la dextérité, j’y arriverais, je m’en sortirais, j’aurais mes bouquins, dans lesquels je puiserais le réconfort qui me manquerait. Je me livrerais ainsi entièrement à cette vie d’ermite reclus par la force sur une île déserte à mille milliers de lieues de la première terre habitée. J’aurais surtout avec moi ces deux recueils que je lirais et relirais sans cesse à la lumière d’une chandelle à la cire d’abeille ou du feu brûlant dans l’âtre, ces deux recueils de l’œuvre d’Anatole Le Braz, Magie de la Bretagne, éd. Robert Laffont, et tant pis si je tremble d’effroi parfois à ses mots.

Les 4 derniers mots d’un de mes livres préférés

"[…] La poésie est morte." s’exclame Cotrone, invitant les personnages qui restent encore autour de lui à partir, à quitter la scène du théâtre, où s’achève à l’instant la pièce de Luigi Pirandello, Les géants de la montagne, version française de René Zahnd, éd. Théâtre Vivant, L’Age d’Homme.
A voir sur scène avant la lecture, pour mieux saisir le sens de la pièce.

Les 4 premiers livres de ma liste de livres à lire

La looongue liste !... Je triche, si vous le permettez. Je pioche dans ma liste par ordre alphabétique les livres dont j’ai envie à cet instant. Demain, j’aurais changé d’avis, alors, lisez vite...

Un roman, L’élégance du hérisson, Muriel Barbery, éd. NRF Gallimard

Les dépossédés, Robert McLiam Wilson et Donovan Wylie, éd. Bourgois – Pour prendre une claque, une leçon de vie, pour ne pas dire "je ne savais pas", même si cela se passe à côté, de l’autre côté de la Manche, pas chez nous, quoi ! Comme dit très justement une lectrice sur le site de la F*** : "Minant. Il est difficile d’apposer un qualificatif à ce livre : ce n’est ni un roman, ni un essai pur, pas que un récit, pas complètement un reportage ou une œuvre journalistique, loin d’être un seul recueil de photos, mais c’est tout cela à la fois en même temps. A la vingtaine, Robert McLiam Wilson et Donovan Wylie entreprennent de rédiger un constat de la pauvreté en Angleterre, d’aller à la rencontre de ces gens, leurs pairs, qui ont perdu ce minimum requis pour garder une certaine insouciance, ceux pour qui les dés sont pipés et de qui on détourne le regard, comme s’ils étaient une fatalité à ignorer. De portraits en exposé politique, de conclusions défaites en prose littéraire, on sent bien comme tout cela a construit, nourri l’œuvre de Robert Mcliam Wilson, la partie autobiographique. Mais c’est difficile de ne pas se laisser emporter par l’empathie, de ne pas se heurter soi-même à l’inextricable de la spirale décrite. En même temps ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il faut détourner le regard, ça existe, il faut en prendre conscience et réfléchir à ce qu’on peut soi-même faire pour ne pas accepter que ça existe." Bravo, Madame, je n’ai jamais autant eu envie de lire un bouquin, grâce à votre plaidoyer !

Une BD, car j’aime beaucoup la bande dessinée qui recèle des chefs d’œuvre. Celle qui suit je l’ai déjà lu, mais je souhaiterais qu’elle rejoigne les rayons de ma bibliothèque. Drôle, émouvant, absurde. Du grand art digne de son auteur !
Le roi cassé, Dumontheuil, éd. Casterman, coll. Un Monde

Un livre de cuisine à ma sauce...
Jardins et cuisines du diable, S.L. Allen, éd. Autrement

C'était long, hein ?... Rassurez-vous, votre calvaire s'arrête là. A très bientôt,
Tit'
P.S. : Et pisque Sigrid me le demande le genou à terre, qu'elle se lance, tel Tintin au secours de la Castafiore, dans cette rocambolesque aventure du questionnaire livresque. Tiens, paraît qu'Hergé est né il y a 100 ans ?!