jeudi 8 mai 2008

Cours Langlet, je rencontrai une petite friande

Cours Langlet, je rencontrai une petite friande. Très friande. Je quittai la Cathédrale, je laissai à son triste sort la pucelle sur son fier destrier, à jamais scellée sur le marbre avec son air de je-ne-sais-quoi qui m’irritait et qui ne m’inspirait guère de pensée heureuse à son sujet. Il faut avouer aussi que la bergère m’en avait sévèrement fait baver à l’époque où l’on portait encore ces affreux tricots de peau synthétiques bleu pétrole. Sacrée Jeanne ! Combien de lignes avais-je pissées à cause d’elle, parce que je m’entêtais à ne pas vouloir croire un traître mot au sujet de soi-disant paroles divines qu’elle aurait entendues alors qu’elle venait très certainement de fumer, une fois n’est pas coutume, le fourrage qu’elle offrait chaque soir à déguster aux biquettes qu’elle gardait ? Combien d’enguirlandages parce que je refusais d’adhérer à l’Histoire (avec un grand H, pardi !) qui dit que la simple gardienne de bestiaux devint commandante en chef de l’armée française du temps jadis où il n’y avait pas encore l’électricité et l’Internet, une époque où, c’est bien connu, la meuf était considérée, honorée, respectée pour ce qu’elle était ?... Oui, la jouvencelle m’a souvent agacé et malgré moi, ce jour-là, je lui en tins encore rigueur.

Je lui tournai donc le dos et m’engageai le long du Cours Langlet, où je rencontrai une petite friande. Ah, le beau brin de donzelle ! Non, je ne parle pas de celle de Donrémy, celle-ci, je vous le dit, je le répète, je m’en tape comme de l’an 1431, où elle fut brûlée vive sur la place du marché de Rouen – Paix à son âme et à ses admirateurs ! Non, je vous parle d’une tentatrice, d’une dragueuse, d’une charmeuse de serpent d’oiseau déplumé, d’une belle pépette que je dégotai à l’angle du cours susnommé et de la rue des Elus. La rue de l’Elue aurait été plus à propos, car l’élue se tenait là, discrète mais éclatante dans sa robe blanche, surmontée d’une touche d’or et de quelques notes bien choisies de couleurs franches et suaves. Raffinée, généreuse, souriante, aimable, on avait envie de la couvrir de baiser, d’y coller ses lèvres et de lécher la vitrine jusqu’à en traverser le verre pour atteindre ces délices qui s’offrait aux regards avides. Oui, la Petite Friande, fière échoppe bien connue des rémoises et des rémois, m’ouvrait ses portes !

A l’intérieur, je ne savais où donner de la tête. J’avais bien parcouru le site de la maison, pour me préparer au choc(olat ?), je ne savais pourtant plus ce que j’y venais chercher. Il me fallut l’assistance de quelque sympathique vendeuse pour me remettre de mes émotions et pour faire mon choix. Parce que j’étais à Reims, cela va de soi, j’achetais d’abord un sachet de biscuits roses, spécialité de la ville, dans l’idée de réaliser une charlotte pour les fêtes de Pâques (chose faite et qui fut fort bonne). Je reculai encore le moment de regarder plus en détail les chocolats et je pris un beau morceau de ce nougat tendre au caramel et aux amandes, une merveille de douceur, qui pire qu’un piège à mouche m’attira indéniablement. Enfin, je me retournai et découvris...

Non, décidément, il me fut impossible encore de regarder les bijoux délicatement déposés au fond de la vitrine qui parcourt la boutique tout du long. Je revins vers l’entrée, prêt à fuir, à renoncer, mais le vice qui est le mien, la gourmandise, cette vilaine gourmandise me retint contré mon gré (Oh, l’faux derche !). Je trouvai une parade et j’allai donc admirer ces petites boîtes qui renferment, autre spécialité de la région, les célèbres Bouchons au marc de Champagne et les Bulles à la Fine (de Champagne). J’en fis remplir mon panier, qui s’alourdissait peu à peu.

Et puis, n’y tenant plus, je collai enfin mon nez à la vitrine. Mon Dieu, quelle splendeur ! Quelle excellence ! Quelle oeuvre ! Quel panache… ces ganaches ! Je l’aurais léchée s’il n’y avait eu mes ziozios piaffant (eux aussi) d’impatience à mes pieds. Oui, j’avais là sous les yeux (des dizaines ? des centaines ? peu importe !) une tonne de petites douceurs plus tentantes les unes que les autres. Heureusement, ma belle oiselle, ma raison, me rappela à la réalité et, bien sage (ou presque), je reparti le sachet bourré à craquer. A craquer, c’est le mot, il ne tint pas deux minutes !

En quittant la boutique, je me régalai vite et bien, car la ganache n’attend pas ; ç’aurait été prendre un risque inconsidéré de contracter une intoxication (et qui faisait bien mon affaire !). Je me régalai donc et courus derechef à la cathédrale poser mon arrière-train sur le socle de marbre de la Jeanne, pour la narguer, me venger de tout ce que la garcette m’avait fait endurer.

Si la bergère ne cilla pas, j’aurai juré que la fougueuse monture (La pauvre bête, rien qu’à voir sa gueule terrifiée, folle, on la prendrait presque en pitié de devoir supporter un tel fardeau depuis temps d’années !), j’aurai juré, disais-je, voir les narines du cheval frémir au doux parfum de ces quelques friandes friandises. Mordicus !

Et vous ? Laquelle prendriez-vous ? Une ganache pure Vénézuela aux piments d’Espelette (Espelette) ? Une ganache au fruit de la passion (Jaspe) ? Une ganache fruitée sur coulis de fraise (Finesse) ? Une ganache au marc de Champagne (Millésime) ? Une ganache de noisettes (Ecureuil) ? Un praliné aux graines de sésame (Trésor) ? Une pâte d’amandes nature (Palma) ? Une pâte d’amandes et pistache (Pistra) ?... Z’hésitez, hein ?

Aller, je vous laisse à votre rêverie. A très bientôt,
Tit'

P.S. : Et merci, Cousine, Cousin, et merci, Tatamail, Tontonchamp' pour l'accueil, pour le champ' qu'on a bu en vot'nom !


Un peu de tourisme ?

Si vous souhaitez déguster un chocolat ou du nougat à la Petite Friande, si vous souhaitez écumer les caves de Champagne, je vous invite à découvrir le temps d'un week-end une très belle chambre d'hôtes à quelques kilomètres au nord de Reims, la Closeries des Sacres, qui offre trois chambres d'hôtes (dont une suite familiale de 80 m²) dans un lieu, je vous avoue, particulièrement exceptionnel, une vieille bâtisse intégralement réaménagée (et avec goût !) au cœur de Lavannes, petit village en rase campagne. Petite anecdote, les lits sont si grands, si larges (200 cm x 200 cm) que j'ai du marcher, oh, quoi, un bon kilomètre avant d'aller embrasser ma Tendre pour lui souhaiter une bonne nuit. Huhu ! ;-)

 

jeudi 1 mai 2008

Si j'avais du pandan, je ferai ça ... mais j'en ai pas !

Vous avez certainement entendu parler du nouveau buzz du tonnerre de dieu à la con comme on a encore jamais vu lancé par Marion, la sympathique geo du blog Il en faut peu pour être heureux. Bien. J’ajoute donc (à la bourre, mais on s’en fout, c’est qu’un jeu à la con comme j’aime) ma pierre à l’édifice.

1ère étape : répondre à quelques questions pas fastoches du tout.

1°) De quelle couleur est le pandan ?

Réponse au choix :
a) De la couleur de ce qui sort du gosier de Nat’ quand elle a le mal de mer (c’est-à-dire tout le temps)
b) De la couleur du papier peint qui recouvrait ma chambre y'a quelques années
c) En fait, ça dépend de son humeur, le pandan est caméléon
d) C’est çui qui dit qui y est !


2°) A quel ogre célèbre de couleur verte et vivant dans les marais peut être associé le pandan ?

Au choix :
a) Ohw ! Ohw ! Ohw ! Le Géant Vert, pardi !
b) Hulk, en train de déguster sa pâtée quotidienne de vers à soie, ça va de soi
c) Shrek, Shrek II et Shrek III réunis


3°) Si on enlève une lettre au mot "pandan", le nom d'un animal sympathique apparaît miraculeusement. Lequel est-ce ?

Le padan (canis sheniscidae familiaris) est un mammifère domestique de la famille des canishéniscidés, proche du toutou-à-sa-mémère (ou plus communément appelé roquet ou bâtard) et du manchot des mers australes.

La femelle du padan s'appelle la padane et un jeune padan est appelé un padon.

Le padan glapit, jappe ou aboie et bat des ailes, mais ne vole pas, car ses ailes sont vraiment trop courtes. Dieu n’a pas toujours bien fait les choses ! Quand on voit la gueule de l’animal, on se demande vraiment ce qu’il avait en tête ce jour là. Ève est-elle passée dans son champ de vision, ce qui l’aurait alors grandement perturbé dans les premiers jours de la Création ? Cela, seul Dieu le sait. Et en plus, si je ne m’abuse, ça m’étonnerait qu’Ève soit passée par là parce que, en théorie – enfin, c’est ce que raconte cette sacrée Bible – le padan a été créé avant Ève, mais bon, avec la Bible, on n’est pas à une erreur historique près, hein ! Bref...

Il existe de nombreuses races de padan. Environ les trois quarts de celles reconnues sont très anciennes et issues de la sélection naturelle (Ouais, comme quoi, la sélection naturelle ne fait pas toujours bien les choses. Quand on voit la tête du padan, on se demande pourquoi Dieu n’a pas eu recours immédiatement à l’eugénisme… Peut-être parce qu’il n’avait pas encore créé Eugénie, ouais, c’est bien possible. Peut-être aussi parce que le principe de l’eugénisme n’avait pas encore été inventé à cette époque. Qui sait ?).

Les padans se nourrissent essentiellement de Fido boulettes, de poissons-chats, de crustacés décortiquées et surgelés ou de bâtons de surimi, au grand désespoir de Patrick.

Leur attitude sociale est très développée : ils sont grégaires. Les padans se groupent pendant les tempêtes sur les côtés bretonnes, afin de se protéger mutuellement. Comme les padans situés à la périphérie sont très exposés au vent et au crachin, ils se relaient à cette position en se déplaçant continuellement les uns par rapport aux autres. Ce regroupement en mouvement est appelé « turtle », car elle rappelle la célèbre formation défensive des romains ou peut-être en hommage à une célèbre blogueuse, qui sait. En effet, même le padan empereur, très tolérant aux températures glaciales et aux pluies qui arrosent perpétuellement les côtes armoricaines, ne survivrait pas s'il se retrouvait isolé dans la tempête.

Pendant la saison de reproduction, les padans se rassemblent en immenses colonies – plusieurs milliers de couples (Ouais, je sais, c’est dégueu, mais bon, l’échangisme est aussi une pratique humaine fort développée... paraît-il, moi, ch'sais pas, j'pratique pas... encore) – sur les côtes toujours désertes et escarpées du Finistère ou des Côtes d’Armor. Ces colonies contiennent parfois différentes espèces de canisphéniscidés, mais qui sont alors assez nettement séparées. Seul le padan à jugulaire niche en effectifs de quelques individus au milieu des colonies de padan Bigouden en terre bigoudène. Leurs sites de nidification peuvent être très difficiles d'accès (en tout cas par car de tourisme).

Les padans gardent leur unique œuf sur leurs pattes après la ponte qui a lieu entre le 1er janvier et le 31 décembre de la même année (P’tain, comme nous, hé !). De 30 à 50 jours sont nécessaires à l'éclosion. À la naissance, les padons sont recouverts d'un duvet gris. Déjà que ses parents ont sale tronche, je vous laisse deviner la gueule du rejeton, c’est limite supportable. Les parents vont, non pas en mer comme on pourrait le croire, mais gratter à la porte du voisinage pour chercher de la nourriture (parce que le surimi en boîte au fond des océans, c’est bon que dans la pub), qu’ils mâchouillent avec leurs petites canines et la régurgitent pour leur petit (Pouah, infecte !). Lorsque le duvet tombe, le petit padon s'aventure au delà du nid et doit se démerder pour trouver à becqueter. Beaucoup y laisse leur peau et c’est pas moi qui m’en plaindrait !

Le padan a pour premier prédateur l'homme (et plus particulièrement, moi), les canisphéniscidés étant très appréciés pour leur huile. L’huile de padan, excellente, est naturellement enrichie en oligo-éléments et oméga 3. Elle rend le plumage luisant et soyeux, renforce l’émail des dents, adoucit les engelures, soulage les hémorroïdes, est délicieuse en salade (mâche, croûtons frottés à l’ail et foies de padan). Cependant, l’huile de padan est très chère, car rare. Pas fastoche de choper un padan, espèce protégée s’il en est, parce que la bête est féroce comme un roquet, et qu’on est plus souvent tenter de le jeter à la baille pour qu’il la ferme que de se salir pour récupérer un bidon d’huile.

2ème étape : Si j'avais du padan, je ferai ça !

Padan farci aux fruits de mer

Ingrédients (pour 4 personnes) :

1 padan de 1,5 kilo ou plus ; gros sel ; poivre ; épices ; 1 boîte de crevette grise ; 1 boîte de moules ; 1 sachet de surimi ; 1 cuillère à café de pandan en poudre

Marche à suivre

Prendez votre 22 long rifle Smith and Wesson et allez dégommer un beau spécimen de padan sur les côtes bretonnes. Coupez lui la tête, la queue, déplumez-le à l’huile de coude, passez-le au Kärcher, puis brûlez la peau au chalumeau Butagaz pour supprimer le dernier plumage.

Préchauffez votre four Bosh à 250°C. Placez la bête dans une grosse cocotte en fonte Le Creuset. Frottez au gros sel La Baleine, huilez à l’huile de padan, poivrez au poivre gris Ducros, épicez (pour moi : cannelle Ducros, Gingembre Ducros, herbes de provence Ducros et pandan Marionkine). Farcissez avec les crevettes et les moules égouttées, ouvrez les sachets de surimi et fourrez le padan. Enfournez le tout en l’oubliant 1h à 1h15. Quand la peau est bien grillée et que ça sent bon le pandan rôti dans toutes les pièces de votre maison Phénix, venez vite, c’est prêt.

Vous accompagnerez votre padan avec des pommes duchesse McCain.

Bon app... !

Nan, désolé, l'appétit, j’ai pas pu, l'a été coupé. Rien que l’odeur, j’ai tout balancé à la poubelle, c’était infâme, vraiment infâme ! Depuis, je milite à WWF pour la protection des padans et je ne me porte pas plus mal.
Tit'

P.S. : Ah ?! La recette ça devait pas être avec du padan sauvage mais avec le sujet de ce billet, le pandan ?! J'aurais rien compris ?! Mais heu... c'est quoi le... "pandan" ?!

 

vendredi 25 avril 2008

Parce que les oranges, j'aime bien ça

Parce que les oranges, j'aime bien ça. Pas pressées, on l'est assez soi-même en ce moment à ne pas avoir une minute à soi. Non, les oranges, je les aime comme ça. Fraîches et juteuses. Je les préfère souvent aux clémentines, aux pamplemousses, aux mandarines. Et pis, je sais pas, ça remonte à l'enfance, aux noëls de quand j'étais à peine haut comme... trois oranges ! A côté du cadeau joliment emballé, y'avait les années clémentines, les années mandarines, y'avait les années orange - tiens, et l'plamplemousse ?! - et c'était toujours ces dernières que je préférais, parce qu'avec l'orange, y'avait du chocolat, y'avait aussi du chocolat avec les clémentines, avec les mandarines, mais allez savoir, j'aimais mieux le mariage du chocolat avec l'orange, question de goût, de sensibilité du palais.

Et pis l'orange a disparu du fond de mon chausson, j'avais grandi, j'avais compris que le Père Noël et tout ça, tralala, l'orange coûtait aussi de moins en moins cher, la clémentine lui emboîtait le pas, la mandarine, le pamplemousse, le blanc, le bien acide, l'immangeable, celui que Mémé Phine défendait toujours, "Vas, mange, c'est bon, c'est acide, c'est que des vitamines, c'est que de la bonne mine, mange, fais pas la grimace, on dirait un singe, voilà du sucre et mange !", disparaissaient des étales pour réapparaître des années plus tard, plus chers, très chers, le double, le triple, allez savoir pourquoi, l'économie de marché sans doute, la mondialisation, une connerie du genre qui fait qu'aujourd'hui l'indien n'a plus de riz, le kenyan plus de manioc, qui fait que je pourrais rouler à l'huile Végétaline si je voulais. Tout ça pour dire, oui, l'orange coûtait moins cher tout à coup, elle était plus fréquente sur le marché, moins bonne, comme par hasard, mais encore meilleure que les clémentines qui perdaient leur âme en oubliant leur goût. De l'orange aussi, j'ai oublié le goût. Y'en avait chez nous, pas tout le temps mais souvent, à pourrir dans le panier, parce qu'elle avait perdu son ascendance sur moi. T'avais beau être belle l'orange, ronde comme la Terre, la terre qui est "bleue comme une orange" disait le poète, je ne te voyais plus, je ne te sentais plus, je détestais même l'idée de t'éplucher, parce que ta peau était cireuse, crasse, on aurait dit un mannequin pendant une défilé de haute-couture.

Et pis un jour, j'sais pas pourquoi, j'ai eu une envie de femme enceinte, alors que j'étais pas enceint parce que je suis un homme... un oiseau ! Une envie furieuse, comme une envie de pipi qu'on peut pas soulager (encore un truc de fille... Tenez, faudrait que j'analyse tout ça, ça devient inquiétant...), mais qu'on peut soulager quand même, suffisait juste de sécher une fois de plus le désastreux cours d'allemand de Herr Gemander. Bref, je savais qu'il y avait marché ce jour là, j'avais songé à une orange et n'avais pu oublié cette idée de toute la matinée, alors quand onze heures a sonné, je me faufilais à l'extérieur incognito et je courais trouver les plus belles oranges qui soient. Je trouvais et courais dans l'autre sens, mon sac à dos rempli de 30 francs d'oranges - toute ma richesse ! - et je m'empiffrais égoïstement dans la pénombre à m'en faire péter la panse.

Et depuis, je mange à nouveau des oranges régulièrement, plutôt quand l'envie me prend que systématiquement malgré le bon conseil de ma Mémé Phine : "Vas, c'est que de la bonne mine !"


Une petite recette simpliste pour digérer ?

Orange en gelée de fleur d'oranger

Ingrédients (pour 4 personnes)

5 oranges juteuses à souhait non traitées ; 2 cuillères à soupe de fleur d'oranger ; 2 cuillères à soupe de sucre en poudre ; 1 cuillère à soupe de Grand-Marnier (fac.) ; 1 pincée d'agar-agar

Marche à suivre

Lavez et essuyez les oranges. Prélevez le zeste d'une orange, puis pressez-la. Epluchez les quatre autres oranges à vif, en prenant soin de retirer le duvet blanc et de récupérer le maximum de jus. Coupez en quartier, sans peau et placez au fond des ramequins. Dans une casserole, portez à ébullition le jus d'orange, le sucre, le Grand-Marnier (fac.) et les zestes détaillées en fines lamelles pendant 5 minutes. Ajoutez l'agar-agar, laissez bouillir quelques secondes, puis interrompez le processus de cuisson. Ajoutez la fleur d'oranger, mélangez. Versez sur les quartiers d'orange dans des ramequins et laissez prendre à température ambiante, puis au frais. Servez très frais avec des biscuits.

Bon appétit,
Tit'

dimanche 30 mars 2008

Des yeux, des oreilles et un crumble

Si la cuisine est une question de goût, la photographie répond à une question de point de vue. Avec ou sans objectif, nous pénétrons ici deux univers qui font la part belle au subjectif et qui me conviennent à merveille. Car de ces deux arts ce que je préfère ce n'est pas le goût (entre nous, je ne me rappelle pas avoir jamais mangé une photographie, si cela avait été le cas, je pense que j'en aurais gardé quelques souvenirs, voire quelques séquelles), mais bien la vue. Alors, quand on a lancé comme ça, pour voir, qu'on organisait un atelier de photographie culinaire, afin de mieux éduquer, d'aiguiser notre oeil, moi j'ai dit, banco, me v'là !


J'avoue que j'ignorais un peu où je mettais les pieds, mais j'étais enthousiaste à l'idée de rencontrer une artiste renommée et talentueuse, qui était prête à offrir de son temps pour des bizuths. Et puis, la démarche était belle, sincère. Isabelle Rozenbaum voulait engager une réflexion sur le travail photographique, elle souhaitait réveiller nos sens par l'image, par une appréhension nouvelle de la lumière, elle faisait ce pari fou et y réussit admirablement bien. J'arrivais, chez elle, l'œil aux aguets, les oreilles grandes ouvertes, gourmandes de ses paroles et de ses précieux conseils. Je ne sais pas si depuis ce beau rendez-vous mon travail a évolué. Cependant, je ne peux nier que je suis plus attentif aux clichés que je réalise (malgré le matériel numérique très basic dont je dispose), que mon œil est bien plus acéré depuis, qu'il s'émerveille tout à coup d'un angle de vue qu'il n'aurait encore jamais imaginé possible avant. Et cela bien au delà de ma cuisine.


Pendant l'atelier, je m'étais interrogé sur la photographie culinaire en noir et blanc. Je vous ai déjà démontré que cela était tout à fait envisageable et que le résultat pouvait tout autant émoustiller les papilles qu'une image couleur, qu'il s'agissait de savoir, au moment de déclencher l'obturateur, ce que nous voulons transmettre avec notre cliché, quel message, conscient ou non, nous souhaitons communiquer à travers l'image. Isabelle, notre photographe, a collaboré avec Cécile Maslakian, auteur de livres de cuisine réputée des éditions Minerva. Elle m'avait alors montré un de ses ouvrages où photographies noir et blanc côtoyaient images en couleur. Du bel art. Je me souvenais tout particulièrement de ces oeufs de saumon délicatement déposés sur un maki, des oeufs qui se jouaient de l'effet de transparence. Fabuleux !

Ainsi, j'achetais le bouquin, Cuisines de femme, 100 recettes du monde, ainsi je me régalais d'un simplissime mais non moins redoutable crumble aux fruit rouges - et au diable si ce n'est pas la saison, je cuisine si peu ces derniers temps, que je ne vais pas me priver d'en avoir envie !

La recette ? Est-ce bien nécessaire ?

A bientôt,
Tit'

P.S. : A l'occasion, je vous montrerais le résultat de mes travaux lors de l'atelier. Et puis, n'hésitez plus, si Isabelle propose un nouvel atelier, précipitez-vous, les places sont rares... pour un moment rare.

 

mardi 26 février 2008

Gelatam et Circences (De la gelée et des jeux)

En ces temps troublés, faut bien un peu de distraction. Alors, on s’amuse comme on peu : y’en a des qui cuisinent, y’en a des qui se taguent et se joutent à tour de bras. Bah moi, je cuisine, voilà ! Alors, on me tague, on me joute, c’est hypra-top-sympa, j’apprécie que vous pensiez à moi... Allons bon, tant pis, je cède, z’avez gagné. Mais seulement pour cette fois et que ça ne se reproduise pas, hein ! :)

Pour votre peine, parce que ce serait trop fastoche que je vous laisse comme ça avec rien d’autres que les réponses à vos questions, z’avez tout un tas de recettes de gelées, fruits de mes expériences, à vous taper d’abord, na ! Et pis, de temps en temps, y’aura un interlude pour vous distraire... On fait comme ça ?

Gelée d’eau de tiges de rhubarbe, vanille et zestes d’orange

Sur une idée de Michel Bras, que j’évoquais il y a peu, j’ai brodé librement. Ce dernier utilise l’eau de tiges de rhubarbe pour arroser un quatre-quarts moelleux à souhait. Je l’exploite différemment en la transformant en gelée aux saveurs délicates de rhubarbe et d’orange. A cette association, j’ajoute celle de la vanille, qui apporte à l’ensemble rondeur et douceur.

Ingrédients (pour 1 pot de 500 g)

3 tiges de rhubarbe ; 1 orange non traitée ; 1 gousse de vanille ; 250 g de sucre cristal ; 500 ml d’eau ; 1 CC rase d’agar-agar

Note : Temps de repos de 48h.

Marche à suivre

Lavez, épluchez et taillez en tronçons de 3 cm les tiges de rhubarbe. Lavez et essuyez l’orange, prélevez des zestes fins et pressez pour en récupérer le jus. Dans un grand bol, mettez la rhubarbe à infuser dans le jus d’orange et dans 500 ml d’eau fraîche, avec les zestes d’orange et la vanille coupée en deux dans le sens de la longueur. Couvrez le bol et réservez au frais pendant 48 heures.

Après repos, sortez l’infusion du réfrigérateur et filtrez cette eau dans une casserole. Réservez les zestes d’orange et la gousse de vanille. Réservez les tronçons de rhubarbe (vous la transformerez en compote en mettant à cuire les tronçons 5 minutes avec 25 g de sucre en poudre). Versez le sucre cristal dans la casserole et portez l’infusion sucrée à ébullition pendant 8 à 10 minutes. Ajoutez l’agar-agar mélangé à 1 CS de sucre cristal, ajoutez les zestes d’orange et la gousse de vanille, que vous aurez pressé pour en extraire les grains, et laissez bouillir pendant 5 minutes.

Mettez en pot. Laissez prendre dans un endroit frais et sec avant de consommer.

Premier Interlude : Dix association de saveurs

La si jolie Sha, croisée au détour d’un pique-nique parisien des plus célèbres, ET ma très chère Tantine, croisée cet été encore sous le chapiteau d’Aurillac, m’invitent toutes deux à un petit jeu que vous connaissez très certainement. Pour une fois, celui-là est pas bête du tout, tenez !

Et donc, j’associe volontiers :
- Blé noir et beurre demi-sel (comme une évidence !)
- Caramel et fleur de sel (pas mieux !)
- Fraise et poivre noir (systématique !)
- Banane et pavot (tiens, donc !)
- Coriandre et grenade (surprenant !)
- Huître et jus de carotte (et ouais, j’suis comme ça, moi !)
- Epices et chocolat (ô, damnation !)
- Pomme et gingembre (fastoche !)
- Rhum-raisin (encore plus fastoche !)
- Et la plus belle des associations : mon doigt dans le pot de crème de marron (et pas que !...)

Fin de l’interlude.

Gelée banane et pavot bleu

Pour cette recette, vous aurez besoin d’un extracteur de jus. Un extracteur de jus permet, sous l’effet de la vapeur utilisée pour la cuisson, de récupérer les sucs les plus délicats des fruits et autres légumes que vous mettrez à cuire. Si vous ne possédez pas d’extracteur de jus, un cuiseur vapeur électrique avec un bac ou une cuve récupérateur de jus (ex. Vitasaveur de Seb) fait parfaitement l’affaire. Le jus vous paraîtra cependant un peu plus dilué qu’avec un extracteur de jus.

Ingrédients (pour 1 pot de 500 g)

3 bananes ; 1 pomme ; ½ jus de citron ; 2 CS de pavot bleu ; 250 g de sucre cristal ; eau ; 1 CC rase d’agar-agar

Matériel spécial : 1 extracteur de jus

Marche à suivre

Epluchez les bananes et tailler-les en tronçons de 3 cm. Epluchez la pomme, retirez les pépins et le cœur, puis coupez en 8 quartiers. Pressez le jus du citron et réservez-le. Répartissez les fruits sur le fond du panier vapeur et mettez à cuire dans le récupérateur de jus pendant 1 heure.

Après cuisson, réservez les fruits (vous les transformerez en compote en les mixant ou en les écrasant à la fourchette dans un bol avec 25 g de sucre en poudre) et récupérez le jus de cuisson dans une casserole. Ajoutez le sucre cristal, le jus de citron, et portez à ébullition pendant 5 minutes. Ajoutez l’agar-agar mélangé à 1 CS de sucre cristal, ajoutez les grains de pavot et laissez bouillir pendant 5 minutes.

Mettez en pot. Laissez prendre dans un endroit frais et sec avant de consommer.

Gelée de cidre fermier

Voici une gelée absolument fabuleuse qui viendra orner vos crêpes à l’heure du goûter. Je la dévorais telle quelle à la Crêperie Courot à Pont-L’Abbé, il y a quelques années. L’idéal ? Une galette de blé noir, une grosse lichette de beurre demi-sel fondante, une cuillérée de compotée de pomme et... gelée de cidre à volonté !

Ingrédients (pour 1 pot de 500 g)

1 bouteille de 75 cl de cidre fermier brut ; 375 g de sucre cristal ; 1 CC rase d’agar-agar

Marche à suivre

Versez le cidre dans une casserole à bords hauts. Portez à ébullition, puis ajoutez le sucre cristal hors du feu. Mélangez et portez à ébullition une nouvelle fois pendant 5 minutes. Ajoutez l’agar-agar mélangé à 1 CS de sucre cristal et laissez bouillir pendant 5 minutes.

Mettez en pot. Laissez prendre dans un endroit frais et sec avant de consommer.

Second Interlude : Des tocs et des tics du Tit’

Bon, c’est décidément bien long ce billet... Pour vous divertir (et au demeurant pour faire plaisir à Natalia et Lili que j'aime bien), voici une liste non exhaustive de mes tocs et tics les plus absurdes. Entre autres :

- Tit’ adôôôre les accents circonflexes, sî bien qu’il auraît tendance à en mettre un peu partout. Parfois, un peu trop à son gout. Mieux, quand le môt employé en nécessîte un, il l’oubli, cet ane baté-là !... Ouais, je sais, TOUT-LE-MONDE-S’EN-FOUT !

- Tit’ adôôôre parler de lui à la 3ème personne (Tiens donc, lui aussi ?!), il est très poli, il aime et admire son nombril perdu sous son gros tas de plume, il est beau et... Ouais, je sais, TOUT-LE-MONDE-S’EN-FOUT !

- Je tape à deux doigts. Nan, nan, n’insistez pas, je ne vous dirais pas ce que je fais des huit autres... Sept autres, parce que j’en ai glissé déjà un dans le pot de marron... Ouais, je sais, TOUT-LE-MONDE-S’EN-FOUT !

- Je voulais être comédien, mais ma femme me dit que je suis pas drôle. Je voulais être metteur-en-scène, mais ma femme me dit que je suis pas organisé. Je voulais être prof de français, mais ma femme me dit qu’elle me quitterait. Alors, je suis devenu le genre de professionnel dont personne ne sait ce qu’il fait et dont TOUT-LE-MONDE-S’EN-FOUT !

- J’y plonge toujours le doigt pour goûter. Ouais, enfin, les doigts libres... Ouais, je sais, c’est dégueu, mais après tout, TOUT-LE-MONDE-S’EN-FOUT !

- Je lis jamais les règles du jeu. Ceci explique peut-être pourquoi je les respecte pas... Ouais, je sais, TOUT-LE-MONDE-S’EN-FOUT de mes tics et de mes tocs, mais pisqu’on m’donne l’occasion de dire des conneries par deux fois, je vais pas me priver, hein, j’suis chez moi après tout !

Fin de l’interlude.

Gelée coco, vanille, rhum-raisin

A peine le temps d’écrire la recette, voilà que le pot est vide... Pfff, frustrant !

Ingrédients (pour 1 pot de +/- 500 g)

2 noix de coco fraîches ; 1 gousse de vanille de Madagascar ; 3 CS de raisins secs ; 3 CS de rhum brun ; +/- 150 ml d’eau ; 200 g de sucre cristal ; 1 CC rase d’agar-agar

Marche à suivre

Percez les noix de coco et récoltez leur eau. Filtrez cette eau dans une mousseline pour en retirer les impuretés. Fendez la gousse de vanille en deux dans le sens de la longueur et grattez pour en extraire les grains. Dans un bol, mettez à macérer les raisins secs avec le rhum. Râpez 25 g de noix de coco fraîche.

Dans une casserole à bords hauts, versez l’eau de coco, ajoutez plus ou moins 150 ml d’eau, versez le sucre cristal, la vanille et portez à ébullition pendant 5 minutes. Ajoutez la vanille et l’agar-agar mélangé à 1 CS de sucre cristal, et laissez bouillir pendant 5 minutes. En fin de cuisson, égouttez les raisins secs, puis versez dans la gelée avec la noix de coco râpée.

Mettez en pot. Laissez prendre dans un endroit frais et sec avant de consommer.

Gelée carotte et sumac

Très agréable en petites touches dans un yaourt, cette gelée surprend le palais par la saveur toute en rondeur de la carotte. Originalité garantie !

Ingrédients

3 carottes ; 1 pomme ; ½ jus de citron ; 1 CC de poudre de sumac ; 250 g de sucre cristal ; eau ; 1 CC rase d’agar-agar

Matériel spécial : 1 extracteur de jus

Marche à suivre
Epluchez les carottes et tailler-les en rondelles de 1 cm d’épaisseur. Epluchez la pomme, retirez les pépins et le cœur, puis coupez en 8 quartiers. Pressez le jus du citron et réservez-le. Répartissez les fruits sur le fond du panier vapeur et mettez à cuire dans le récupérateur de jus pendant 1 heure.

Après cuisson, retirez les fruits et récupérez le jus de cuisson dans une casserole. Ajoutez le sucre cristal, le jus de citron, et portez à ébullition pendant 5 minutes. Ajoutez l’agar-agar mélangé à 1 CS de sucre cristal, ajoutez le sumac en poudre et laissez bouillir pendant 5 minutes.

Mettez en pot. Laissez prendre dans un endroit frais et sec avant de consommer.

Voilà, nous y sommes. Puis-je enfin aller me coucher ? Doit y avoir des fautes, mais je n'en puis plus (tout comme Tintin)...

A bientôt,
Tit'

jeudi 14 février 2008

Ti zwézo en Ma’tinique* ou la nuit d'amour

(* L’oiseau en Martinique)

Cric ! Crac ! Quittons la Métropole où grouillent ces vilains métro et en nou mèt lé vwal koté Ma’tinique !

Cric ! Crac ! Je laisse mon plumage de gros dindon qui ronge son frein dans la capitale et je me transforme en un joli Tit'iri, qui le premier entonne sa ritournelle d’amour chaque matin quand tous dorment encore.

Cric ! Crac ! J’vous raconte des craques, j’suis pas parti me dorer la pilule sous les tropiques, ce serait trooooop beau, naaaaan, c’est rien qu’une blagounette entre collègues, comme qui dirait : sa ka fè di bien dè révé dè tanzantan !

Cric ! Crac ! Point de blablatage sans foin ni fondement, point de tergiversation intempestive, allons à l’essentiel, allons au cœur du cœur du problème qui nous occupe : bon mangé-la ou comment concocter en quelques gestes extrêmement simples l’une des plus belles recettes des Antilles.

Blaff tout doux de poiscaille sans écaille pour une nuit d’amour

I fo pou 4 moun :

4 darnes de poisson à chair blanche, tendre et fondante ; 2 citrons verts ; ½ zeste d’orange ; 4 clous de girofle ; 4 grains de poivre vert ; 1 litre d’eau ; 1 gousse d’ail ; 2 oignons ; 1 pincée de cannelle ; persil ; thym ; fleur de sel et poivre noir

Marche à suivre

J-2 : Je me connecte à Lastcocotteminute.com. Je dégote au plus tôt une place d’avion en partance pour la Martinique, en classe éco de préférence, histoire d’avoir encore quelques capitaux une fois sur place pour investir dans du matériel de pêche haut de gamme. Pas la peine de me charger. J’emporte le strict minimum : une paire de jeans pour le voyage, une ou deux culottes propres (c’est mieux et puis au besoin, je laverai sur place, avec la chaleur, ça sèche bien mieux que ma lavante-séchante Milleu), une paire de chaussettes uniquement pour ne pas geler des petons au retour en métropole, une chemisette colorée mais pas moche (on évitera la chemise version Antoine dans les atolls, parce que ça craint du boudin...), mes Havaianas de prédilection (on est fashion ou on ne l’est pas !), un gros pull (pour le retour bis), et pis surtout mon matos de plongée, masque, tuba, palme et maillot de bain. Pas la peine d’investir, je réutilise mon vieux maillot Quechua acheté l’été dernier pour mes vacances au Camping Les Flots Bleus*** à Saint-Tripouille-L’Océan. Je laisse mes produits de soin : ça voyage pas dans l’avion et pis, lavé ou pas lavé, je sentirai le fishy-fish un point c’est tout !

J-1 : Je me réveille, je me réveille, j’ai un avion à prendre, faut pas l’louper !... Kwa sa ?! Tanguy et Laverdure font grève ?! Les s*** ! Les ordures ! Les *** !

Jour J : J’sais pas comment j’ai fait, mais voilà que je me réveille tout à coup sur le tarmac de Fort-de-France en Ma’tinique. Tant pis si je souffre du décalage horaire, tant pis si la chaleur m’accable tout à coup à la descente de l’avion, y’a pas tan, je file dès mon arrivée acheter et monter mon matériel de pêche. Puis, je pars à la recherche d’un bateau, d’un canot, d’une barquette, peu importe, que je mènerai tant bien que mal à la rame là-bas, plus loin, au large, après les rouleaux qui s’abattent sur cette magnifique plage de sable blanc entourée de cocotiers où je marchais à l’instant. Pour parvenir à mes fins, c’est simple comme bonjou, je ne compte que sur ma bonne étoile et sur mon charme fou et je séduis une belle îlienne aux courbes généreuses et à la peau si délic(hocol)ate, jusqu’à ce qu’elle accepte de me prêter son navire contre la promesse d’un bon repas cuisiné par mes mains expertes.

Une fois en pleine mer, j’appâte le poisson : je lui chante une chanson douce que me chantait ma manman, je lui chante la , ses reflets d’argents sous la pluie dans ses golfes clairs, je lui chante l’amour, l’amour, l’amour, je lui chante tout ce que je veux pourvu que ça marche, pourvu que je le pêche, le poisson, et à la ligne de préférence ; j’évite ainsi les rets éradicateurs de Flipper and Co. Moi, je les aime bien les dauphins, et pis c’est romantique, alors pas touch’ !

Le poisson attrapé, je reviens vite sur la plage – avant la nuit tombée, surtout, car il serait dommage de finir dans la goule affamée d’un requin marteau… enfin, pas plus marteau que moi qui ai fait tant de kilomètres pour de si petits poissons, mais bon… ce n’est qu’une question de point de vue, hein ! – car ma doudou prêteuse qui me mate aux jumelles depuis le matin, depuis la plage, de peur que je me barre avec son affreux rafiot percé sans lui apporter pitance, commence à trépigner sévèrement sur le sable et jure qu’elle me fera zouké à sa manière, un gourdin de bois vert à peine dissimulé dans la main, si je ne me magne pas mon gros tchou plumé !

Dans la cahute de ma beauté tropicale, je prépare le poisson. Je demande à ma belle îlienne un petit coup de main, elle le fera avec mil plési. Cuisiner à quatre mains, c’est plus... comment dire ?... plus mieux ! J’évite cependant de rejouer pour la énième fois la scène du potier version Ghost car, avec du poisson, c’est franchement pas ce qu’il y a de plus... sexy.

Venons-en (enfin !) au fait... Comment préparer ce blaff ?

Laver le poisson, écailler sa peau si tendre. Avec un couteau à larder, ouvrir le poisson et l’évider. Les âmes sensibles auront demandé à leur poissonnier unique et préféré de s’en charger, mais moi, moi qui suis amoureux, j’suis un battant, j’ai traversé les mers et les océans pour en arriver là, alors j’vais pas flancher si prêt du but, alors rien ne me fait peur, alors j’ouvre, alors j’évide et... GLOUPS !... je prends soin de découper le poisson en darnes de 3 à 5 cm d’épaisseur. Rincer ensuite le poisson à l’eau claire et l’essuyer avec du papier absorbant. Réserver.

Préparer le bouillon. Dans une casserole, mélanger 1 litre d’eau avec les clous de girofle, le poivre vert, la cannelle, le thym, les oignons coupés en rondelles. Mettre à chauffer le boucan sous le bouillon et porter à ébullition. Laisser bouillir 30 min. Poivrer généreusement et saler à son goût.

Préchauffer le four à 210°C. Prélever les zestes d'orange. Déposer les darnes de poisson dans un grand plat en terre allant au four. Frotter généreusement le poisson avec un citron vert. Parsemer de zestes d'orange. Arroser avec le court-bouillon épicé non filtré. Enfourner pendant 15 à 20 min. En fin de cuisson, ajouter le jus du second citron, le persil lavé et ciselé et la gousse d'ail écrasée.

Servir immédiatement les darnes de poisson arrosées avec le bouillon parfumé. Accompagner avec du riz créole et des rondelles de banane plantain frites.

Et maintenant, à table !...

J’ai pris soin de créer une ambiance de rêve, romantique à souhait, sous la lumière de mille chandelles et torches plantées dans le sable, dont les flammes se balancent doucement sous le vent chaud qui nous enveloppe. J’attends, excité comme une puce sur le dos d’un chien, que ma belle îlienne se prépare pour notre première nuit d’amour pour ce premier rendez-vous galant. Après un ti zouk endiablé, après un ti sèk ou deux (ou trois, je sais plus bien, c'est traître ces trucs-là), nos estomacs crient famine, j’invite ma douce à passer à table et j’apporte le blaff encore fumant.

« 'Tention, doudou mwen, bagail la cho, cho, cho ! »

Ma belle nègzagonal porte une cuillérée à sa bouche et souffle et souffle et souffle. Elle l’engloutit, ferme les yeux et mâche délicatement. Je n’entends plus que ses bruits de succion, le souffle léger du vent dans les cocotiers, le disque de zouk qui se tait peu à peu comme pour lui laisser la parole. Je suis sur le qui-vive à guetter la moindre réaction. Elle rouvre des yeux plein de mille étoiles et dit :

« Hmmm ! Doudou, i bon memm ! »
« Vrai ? »
« Vrai, doudou mwen. On dirait celui de manman. »

Je suis aux anges !

Elle se lève, lascive, glisse vers moi, attrape mon visage pas rasé pas lavé entre ses deux mains douces qui sentent si bon la coco et dépose sur mes lèvres tremblantes un gros ti-bo plein d’amour et là, mwen, paf, je tombe dans les corossol !

« Eh, ti z’oreilles, sa ka maché ? »
« Euh… Mwen bien, mwen bien, pani problèm, doudou mwen ! »

Elle me sourit et dépose un nouveau ti-bo, puis un autre, un autre sur mes joues, mes oreilles, m’embrasse la moindre surface de peau. Je me sens défaillir, mon œil une fois de plus s’en retourne dire merde à l’autre, avant de rouler dans son orbite et que je m’écroule le nez dans la gamelle.

Pif ! Paf ! On me réveille, on m’agite. Ma belle amante me secoue comme un cocotier :

« Reviens à toi, ohlala, doudou, tiembè raid pas moli ! Vini pran an ti sèk-sèk, ça ira mieux après ! »

Pif ! Paf ! Aïe ! La belle image de ma doudou s’efface tout à coup, il fait tout noir, j’ai froid, p*** de rhum, il me monte au cervelet. Pif ! Paf ! Aïeuh ! Merdeuh ! Quoi encore ! Ce n’est plus la douce lumière des chandelles qui m’éclaire mais une lumière froide et électrique qui m’explose les pupilles. Elle est là, face à moi, folle de rage, sa mèche brune en bataille, sa main preste et leste prête à s’abattre une nouvelle fois sur mes joues endolories. Qui ? Non pas la nègzagonal qui hante mon rêve, mais ma doudou-zwézo à moi depuis quatorze ans, ma belle oiselle, mon épouse depuis bientôt dix ans, ma Nat’ à moi.

« MAIS !... MAIS !... Mais t’es complètement barré, mon pauvre, ça va pas chez toi desfois ! Il est quatre heures du mat, on se lève dans moins de deux heures, qu’est-ce que tu crois, que je vais réussir à dormir avec un type qui s’agite, qui ronchonne, qui crie, qui me saute dessus comme un sauvage en pleine nuit ?!... »

Vite, se réveiller, se secouer, réagir, trouver une parade, ne pas laisser la colère l’envahir, sinon je me retrouve sur le pallier à poil dans deux minutes.

« Euh... Ma belle, ma douce, ma tendre, Mon Unique, je... euh... Je suis désolé, je rêvais. Je rêvais de toi, ma belle, ma douce, ma tendre, Mon Unique, de toi et de tout le bonheur que j’éprouve chaque jour à tes côtés. Je... euh... »

Tout à coup, une idée de génie, z’allez voir, j’ouvre la table de nuit où je dissimule les cadeaux et j’en sors le paquet que je lui réservais. Je le lui tends, elle s’adoucit, émue, émue de fatigue peut-être, mais émue aux larmes tout de même, ce qui n'est pas rien, comprenant que je n’avais pas oublié... pas oublié, cette année.

« Bonne Saint Valentin, ma chérie ! »
Tit'

samedi 2 février 2008

Petits festins et desserts, Chapitre 1er

C’est une couverture, pour commencer, au détour du rayon cuisine de mon libraire, une couverture promesse de bonheurs qui attire, attire et attire inlassablement mon œil. Dans une composition colorée, pleine de fraîcheur et de pureté figurent un nom en lettres capitales, une ville, une région, un pays : BRAS – Laguiole – Aubrac – France. Je mémorise et repars sans l’ouvrage, alors sans le sou. Ce nom sur cette couverture m’obsède, je ne le connais pas. Aussitôt chez moi, je regarde sur la Toile pour en savoir un peu plus. Mon ignorance des grands noms de la restauration septentrionale me permet de découvrir un artiste, qui depuis ce jour anime mes rêves gourmands les plus fous. Bras n’en est pas à son premier coup de maître. Je découvre alors un autre ouvrage, plus ancien, dont le titre annonce Petits festins et desserts, la réunion en somme par les très belles éditions du Rouergue de deux carnets édités il y a de cela quelques années. Tout un programme. Je découvre aussi que l’ouvrage est de plus en plus difficile à trouver. En effet, j’écume vainement quelques grandes enseignes, avant de le découvrir par hasard là sur l’étale d’un libraire d’occasion parmi quelques pauvres romans de cap et d’épée presque flambant neuf. Petits festins et desserts. Feuilletons-le ensemble si vous voulez bien...

Dans ce genre de livre de cuisine, les mots font l’image. Pas de photographie ou si peu, aucune pour accompagner une recette. Quelques coups de crayons, toutefois, fréquents, pour signifier une manip, un montage. Pas anodins du tout, bien efficaces. Et puis des mots, des mots bien choisis, concis, qui se transforment devant vos yeux en véritables délices, en plaisirs sans fin qui s'en vont fouiller au plus profond de nos mémoires à la recherche de saveurs perdues, de savoir-faire anciens, qui rappellent nos grands-mères, qui rappellent l’enfance. Il y a quelque chose de l'ordre de la madeleine de Proust qui s'insinue dans ces pages. Alors, mon BRAS en main, je feuillette. Et sans changer aucun mot, je découvre cette compote au détour d’une page...


Compote de pommes miel-beurre

Ingrédients (pour 8 personnes)

800 g de pommes golden ; 40 g de sucre ; 40 g de miel ; 30 g de beurre ; 1 gousse de vanille ; quelques gouttes de jus de citron

Marche à suivre

« Eplucher les pommes, les couper en deux et ôter pépins et pédoncules. Par ailleurs, choisir un plat dans lequel on pourra placer les pommes debout, serrées les unes contre les autres. Caraméliser le sucre et le miel dans ce plat. Veiller à ne pas trop colorer le sucre qui donnerait un caramel amer. Laisser ensuite refroidir le caramel et y ajouter le beurre, la vanille et le jus de citron mouillé avec une cuillérée d’eau. Ranger alors les pommes par-dessus. Sur le feu, coupé par un diffuseur, poser le plat et laisser cuire à chaleur douce en le recouvrant. Dans un premier temps, les pommes rendent leur jus, puis elles s’imprègnent de beurre et de miel pour la meilleure des promesses. Lorsque les pommes sont bien tendres, découvrir le plat. Une lente évaporation concentre alors le jus dans les pommes. Lorsqu’il n’y a plus de jus et qu’une lente caramélisation s’effectue, éteindre le feu. Retirer les moitiés de pommes une à une délicatement, les ranger sans les déformer et les mettre de côté. »
Comme l’écrit Bras : « J’ai pris un malin plaisir à retrouver ce geste ancien de caramélisation qui était sorti de ma mémoire ! » Et moi donc ! Il ne s’imagine pas le plaisir de cette découverte !...

Note : A consommer tiède de préférence. Froid, le miel dominerait trop.

Bon appétit,

Tit'

dimanche 27 janvier 2008

Pas d’chichi, que des spinach ou presque !

Des épinards et puis voilà. Ou presque.

Des épinards, de l’eau, un mixeur et puis voilà. Enfin, presque.

Des épinards, de l’eau, du basilic, de l’ail, du sel et du poivre comme vous voulez, une touche de crème fluide (et encore...) et puis voilà. Ultra-rapide, efficace, plein de fer et de chlorophylle. En clair, en ce moment, je n’ai pas plus de temps.

Oui, je sais, c’est encore vert, mais heu… y’a du mieux par rapport à la dernière fois, hein, y’a plus d’rouge ! Comme qui disaient de mon cas (pas si désespéré) au collège, puis au lycée : "En progrès ce trimestre. Peut mieux faire." Pfff, z’en avaient d’bonnes, z’étaient pas à ma place ces vieilles biques !...

Allons bon, venons-en à l’essentiel, parce que pas l’temps et tout ça...


Soupe sans chichi, épinard et basilic

Ingrédients (pour 2 personnes)

250 g de pousses d’épinard fraîches ; 200 ml d’eau ; 1 bouquet de basilic ; 1 gousse d’ail ; 50 ml de crème fraîche fluide (fac.) ; sel et poivre

Marche à suivre

Rincez les pousses d’épinard et le basilic à l’eau claire, puis essuyez-les délicatement. Réservez le basilic. Epluchez la gousse d’ail, dégermez et ciselez. Dans une cocotte à hauts bords, portez à ébullition les 200 ml d’eau, salée et poivrée, ajoutez l’ail, puis les épinards. Mélangez, couvrez et laissez mijoter pendant 2 à 3 minutes (pas plus, les épinards demeureront bien verts ainsi). Mixez brièvement au blender. Ajoutez le basilic, la crème fluide et passez de nouveau au blender, jusqu’à ce que la préparation mousse. Consommez immédiatement, jusqu'à la dernière goutte.

Bon appétit,
Tit'

lundi 14 janvier 2008

La soupe qui fait spliiiiitch ! dans la bouche

J’ai un blème. Un vrai blème. Un bon et gros problème. Vous le savez tous, Noël est passé et même très passé. « Très passé », « trépassé », humour. Humour de (demi-)breton, forcément. Je disais que Noël est déjà loin derrière nous et pourtant, ces derniers temps, j’ai tendance à voir en bicolore. Tout est rouge et vert dans mon bobol à sousoupe. Déjà, la dernière fois...

Bon, en même temps on était juste après Noël, voilà qui était plutôt compréhensible. M’enfin, là… Bah ouais, mon gros ziozio, il est grand temps de voir la vérité en face, Noël est fini. FINI, point !... N’empêche, on pourrait peut-être encore... Oh, rien qu’une fois, allez, je vous en prie ! La prochaine fois, je vous promets, il n’y aura que du vert !...

En attendant, les agapes ayant été fort joyeuses et sagement gourmandes (oui, oui, sagement), je tache malgré tout de me mettre un peu au vert. Cela fait du bien le vert. Le vert donne de l’espoir. Et pis cela fait du bien à ma santé. Pas la couleur, hein, enfin heu... En fait, j’essaye surtout de cuisiner léger. Et là, pour le coup, ce fut très léger, molto leggerro, lightissime. Voyez : de l’eau fraîche et pure, de la pulpe de courgette, une note intense de poivre pour exciter le palais et, surprise, un spliiiiitch ! merveilleusement acidulé, à peine sucré, qui explose en bouche !

Soupe courgette, coriandre, poivre et grenade

Ingrédients (pour 2 personnes)

250 ml d’eau ; 2 petites courgettes ; 1 botte de coriandre fraîche ; 2 pincées de fleur de sel ; 5 tours de moulin à poivre ; 2 CS bombées de grains de grenade

Marche à suivre

Très simplement, lavez les courgettes et la coriandre à l’eau fraîche, puis essuyez-les délicatement. Réservez la coriandre. Supprimez les pointes et la queue des courgettes, coupez en cubes grossiers et portez à ébullition dans une casserole avec 250 ml d’eau salée et poivrée. Couvrez et éteignez le feu. Maintenir au chaud pendant 2 minutes. Mixez brièvement au blender. Ajoutez la coriandre ciselée et passez de nouveau au blender, jusqu’à ce que la préparation mousse généreusement. Servez immédiatement et accompagnez de graines de grenade. Portez votre cuillère à soupe remplie de ce jus mousseux en bouche, avec deux ou trois grains de grenade, croquez légèrement et... spliiiiitch !...

Bon appétit,
Tit'

lundi 31 décembre 2007

2007... 2008 !

Nous y voilà. Dans quelques heures, en un coup d’aile, on passe le cap... Si j’ignore ce que sera 2008 sur NNB!, je sais ce que 2007 fut pour Tit’. Je jette un coup d’œil affûté par-dessus mon épaule et je me rappelle...


...Aurillac et de magnifiques rencontres… MAGNIFIQUES !... Impossible de ne pas se souvenir de cet évènement, tant l’actualité de 2007 aura été marquée par ce si fantastique séjour dans le Cantal...


...Je me rappelle d’une charmante intrusion, grâce à Dorian et Véronique, rencontrés peu après à... Aurillac...


...Dorian, toujours lui, qui réitère en obligeant ma belle oiselle à dévoiler son talent, ma belle qui fut du voyage à... Aurillac...


...La 20ème édition du KKVKVK, organisée par la pétulante Béatrice de Croc en Bouche et que je remportai avec une drôle de religieuse carrée. J’vous l’donne en mille : savez-vous où je rencontrai Béa au lendemain des résultats du KiKi ?... Aurillac...


...Et pour avoir gagné un KiKi, j'organisai l’édition suivante. Je proposai la réalisation du kouign amann. La belle affaire ! Marion s’attela à la tache et gagna à force de persévérance cette 21ème édition, Marion, rencontrée à ?... Aurillac...

J’arrête là. Vous le lisez vous-même, en cherchant à résumer l’année 2007, j’en reviens toujours à ce beau début d’été. J’aurais peur de lasser si je poursuivais...

M’enfin bon, que voulez-vous, c’est pas d’ma faute tout ça. Après tout, j’y suis absolument pour rien, vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous-même !... Comme je vous le dis dans un éloquent billet, tout cela, c’est la faute à... la faute à... Bigre : VOTRE FAUTE !...

A présent, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter de faire le :
(Barrer les mentions inutiles)
Plein de bonheurs
Plein de gourmandises
Plein d'essence
Plein de vide
Plein d'amour et d'amitié
Plainte contre X
Plein de consonnes et tout un tas de voyelles
Plein de sagesse
Plein de midinettes et de bogosses
Plein emploi
Plein d'allant et de bonne humeur
Plein gaz
Plein de verres à moitié vide ou de verres à moitié plein, c'est selon si on est de nature pessimiste ou optimiste

...En 2008 !

Tit'